Question : « Priez-vous? » (3e partie)

PriezVousJe vais citer à nouveau des paragraphes d’un document de J. C. Ryle (1816-1900) appelé « Priez-vous? Question pour le moment présent » (disponible pour lecture ou téléchargement gratuit sur Google) :

Je vous demande si vous priez, parce qu’il n’y a pas en religion un devoir aussi négligé que celui de la prière particulière. Nous vivons dans un temps où ceux qui font profession d’être religieux abondent. Il y a maintenant plus de lieux destinés au culte public qu’il n’y en eut jamais. Il y a plus de gens qui assistent au culte qu’à aucune époque antérieure, et cependant, malgré toute cette religion officielle, je crois qu’il y a une grande négligence à l’égard de la prière particulière.

Je n’aurais pas tenu ce langage il y a quelques années: je pensais jadis, dans mon ignorance, que beaucoup de gens disaient leurs prières et par conséquent que beaucoup priaient. Mais j’ai vécu assez dès lors pour changer d’avis, et j’en suis arrivé à cette conclusion, que la grande majorité des chrétiens de nom ne prient pas du tout.

Je sais que ce que je dis choquera et étonnera beaucoup de gens, et je reconnais que la prière est une de ces choses dont chacun pense qu’elles vont sans dire et que, comme beaucoup d’autres choses de la même espèce, on néglige honteusement. C’est « l’affaire de chacun » et comme il arrive souvent dans des cas pareils, c’est une affaire dont bien peu s’acquittent. C’est une de ces transactions particulières entre Dieu et nos âmes, qu’aucun œil ne voit et qu’on est par conséquent souvent tenté de laisser de côté et de passer outre.

Je crois qu’il y a des milliers d’êtres qui n’ont jamais dit un seul mot de prière. Ils mangent, boivent et dorment. Ils se lèvent, vont à leurs affaires et retournent dans leurs demeures. Ils respirent l’air de Dieu, contemplent le soleil de Dieu, marchent sur la terre de Dieu et jouissent des miséricordes de Dieu. Ils ont des corps qui doivent mourir. Ils ont devant eux le jugement et l’éternité. Mais ils ne parlent jamais à Dieu. Ils vivent comme des animaux qui périssent. Ils se conduisent comme des créatures sans âme. Ils n’ont pas un mot à dire à Celui qui tient dans Ses mains leur vie, leur respiration et tout leur être, et dans la bouche duquel ils doivent entendre un jour sortir leur éternelle sentence. Que c’est une chose terrible, et cependant dont nous verrions d’abondants exemples, si les secrets des cœurs de chacun étaient dévoilés!

Je crois qu’il y a des milliers d’êtres dont les prières sont une pure forme, une série de mots répétés par routine, sans penser à leur sens réel. Les uns récitent à la hâte quelques sentences, souvenirs de jeunesse recueillis dans la chambre des enfants (« nursery »). D’autres se contentent de répéter le symbole des apôtres, oubliant qu’il ne contient pas une seule demande; d’autres enfin y ajoutent la prière dominicale, mais sans le moindre désir de voir les demandes qu’elle contient exaucées.

Plusieurs, même parmi ceux qui usent de formes plus complètes, marmottent leurs prières après être entrés dans leur lit ou les expédient pendant qu’ils se lavent et s’habillent. On peut en penser ce qu’on voudra; mais il n’est pas moins certain qu’aux yeux de Dieu, ce n’est pas là prier. Des paroles dites sans que le cœur y prenne part sont aussi absolument inutiles à nos âmes que l’est pour les païens le battement du tambour devant leurs idoles. Là où le cœur n’est pas, il peut y avoir le mouvement des lèvres et le bruit de la langue, mais il n’y a rien de ce qui plaît aux oreilles de Dieu, il n’y a pas de prière. Je ne doute pas que Saul n’ait dit beaucoup et de longues prières avant sa rencontre avec le Seigneur sur la route de Damas ; mais ce n’est qu’après que son cœur eut été brisé que le Seigneur dit de lui: « Voilà, il prie ».

Lecteur, cela vous étonne-t-il? Ecoutez-moi, je vous montrerai si j’ai raison de vous parler comme je le fais, et vous ne jugerez plus mes assertions extravagantes et insoutenables.

Ne savez-vous pas que le cœur naturel n’aime pas à prier, que l’esprit charnel est ennemi de Dieu, que le désir du cœur de l’homme est de s’en éloigner et de n’avoir rien à faire avec lui? Ce qu’il sent pour Dieu, c’est de la crainte et non de l’amour. Pourquoi donc un homme prierait-il quand il n’a aucun sentiment réel du péché, qu’il ne sent en lui aucun besoin spirituel, aucune foi dans les choses invisibles, aucune aspiration pour la sainteté et aucun désir de posséder les cieux? De toutes ces choses, la grande majorité des hommes ne sait ni ne sent rien. La multitude se précipite vers le chemin large. Je ne peux pas oublier cela, et c’est pourquoi je vous dis avec force que je crois qu’il y en a peu qui prient. Ne savez-vous pas qu’il n’est pas de bon ton de prier? C’est une de ces choses qu’on rougit d’avouer. Il y a des centaines d’individus qui préféreraient monter à l’assaut d’une ville ou remplir le rôle périlleux d’enfants perdus dans une armée plutôt que de confesser publiquement qu’ils sont dans l’habitude de prier. Il y en a des milliers qui, s’ils étaient obligés par quelque circonstance de coucher dans la même chambre qu’un étranger, se mettraient au lit sans prier. Bien monter à cheval, bien tirer, être vêtu à la mode, aller au spectacle, passer pour un homme agréable et comme il faut, tout cela est de bon ton, mais il ne l’est pas de prier. — Je ne peux oublier cela; je ne peux regarder comme commune une habitude qu’un si grand nombre de gens rougissent de confesser. Oui, je crois qu’il en est peu qui prient.

Ne savez-vous pas quelle est la vie que mènent tant de gens? Pouvons-nous réellement supposer que des gens prient nuit et jour pour être préservés du péché quand nous les voyons s’y plonger entièrement? Supposerons-nous qu’ils prient pour être préservés du monde quand ils sont entièrement absorbés ou subjugués par ses délices? Croirons-nous qu’ils prient réellement Dieu de leur accorder la grâce de le servir quand ils n’en témoignent pas eux-même le moindre désir? Oh non, il est aussi clair que le jour que la majorité des hommes, ou ne prient jamais Dieu, ou ne pensent pas à ce qu’ils disent quand ils le prient, ce qui est exactement la même chose. Prier et pécher volontairement sont des choses qui s’excluent et qui n’habiteront jamais ensemble dans un même cœur. La prière consumera le péché ou le péché étouffera la prière. C’est ce que je ne peux oublier quand je considère quelle est la vie de ces hommes, et je crois qu’il y en a peu qui prient.

Ne savez-vous pas de quelle mort beaucoup meurent? Combien en voyons-nous qui, lorsqu’ils sont près de mourir, semblent entièrement étrangers à Dieu! Non seulement ils ne savent absolument rien de son Evangile, mais ils sont tristement dépourvus de tout pouvoir de lui parler à lui-même. Il y a en eux une gaucherie, un embarras et une répugnance telle, quand ils veulent s’approcher de lui, qu’on voit que c’est une chose entièrement nouvelle pour eux. Ils semblent avoir besoin d’une introduction auprès de Dieu, montrant clairement par là qu’ils ne lui avaient jamais parlé auparavant. Je me souviens d’avoir entendu parler d’une dame qui était très désireuse d’avoir la visite d’un ministre dans sa dernière maladie. Elle lui demanda de prier avec elle. L’ayant questionnée sur ce qu’il devait mentionner dans sa prière, elle ne put le lui dire, ne sachant que répondre. Elle était entièrement incapable de désigner une chose quelconque qu’elle souhaitait qu’il demandât à Dieu pour son âme. Tout ce dont elle paraissait sentir le besoin, c’était une prière faite par un ministre. Les lits de mort recèlent bien des secrets. Je ne peux oublier ce que j’ai vu parmi les gens malades et les mourants, et tout cela me porte à croire qu’il y en a peu qui prient.

Lecteur, je ne vois pas ce qui se passe dans vos cœurs, je ne sais rien de votre histoire particulière quant aux choses spirituelles, mais d’après ce que je lis dans la Bible et ce que je vois dans le monde, je ne peux pas vous adresser une question plus nécessaire que celle-ci: « Priez-vous? »

Voir aussi:

Question : « Priez-vous? » (4e partie)

Question : « Priez-vous? » (2e partie)

Question : « Priez-vous? » (1re partie)

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