Question : « Priez-vous? » (5e partie)

PriezVousJe vais citer à nouveau des paragraphes d’un document de J. C. Ryle (1816-1900) appelé « Priez-vous? Question pour le moment présent » (disponible pour lecture ou téléchargement gratuit sur Google) :

Je vous demande si vous priez, parce que l’exercice de la prière est le secret de toute sanctification avancée.

Sans vouloir faire de la controverse, on conviendra sans doute qu’il y a une grande différence parmi les chrétiens, et qu’un immense intervalle sépare le premier du dernier dans l’armée de Dieu. Tous combattent le même bon combat; mais combien les uns combattent plus vaillamment que les autres! Tous font l’œuvre du Seigneur; mais combien il en est qui font beaucoup plus que d’autres! Ils sont tous lumière dans le Seigneur; mais combien la lumière des uns est plus brillante que celle des autres! Ils fournissent tous la même carrière; mais combien les uns atteignent plus vite le but que les autres! Ils aiment tous le même Seigneur et Sauveur; mais quelle différence entre l’amour des uns et l’amour des autres! Je m’adresse à tout chrétien sincère: qu’il me dise si les choses ne sont pas ainsi.

Il y en a plusieurs, parmi ceux qui appartiennent au Seigneur, qui semblent ne pas avoir fait un pas en avant depuis l’époque de leur conversion. Ils sont nés de nouveau; mais ils restent à l’état d’enfance toute leur vie. Ils étudient à l’école de Christ; mais ils semblent ne jamais devoir dépasser l’A B C, et sortir de la plus humble médiocrité. Ils sont arrivés jusque dans l’intérieur de la bergerie; mais ils s’y couchent et ne vont pas au delà. D’année en année, vous retrouverez toujours chez eux les mêmes vieux péchés d’habitude. Vous leur entendez raconter leurs anciennes expériences et s’en tenir là. Vous remarquez toujours en eux le même manque d’appétit spirituel, — la même répugnance pour toute autre nourriture que le lait des mondains, — le même dégoût pour toute viande solide, — le même enfantillage, — la même faiblesse, — la même petitesse d’esprit, — la même étroitesse de cœur, — la même absence d’intérêt pour tout ce qui sort de leur petit cercle, que vous aviez pu observer déjà dix ans auparavant. Ils sont voyageurs, il est vrai, mais des voyageurs à la façon des Gabaonites (Josué , IX); leur pain est toujours sec et moisi, — leurs souliers toujours vieux et rapiécés, — leurs habits toujours troués et déchirés. Je dis cela avec une profonde douleur; mais je le demande à tout chrétien sincère: N’est-ce pas là la vérité?

Par contre, il y en a d’autres, parmi les enfants de Dieu, qui semblent marcher toujours de progrès en progrès. Ils croissent comme l’herbe après la pluie. Ils prospèrent comme Israël en Egypte. Ils combattent comme Gédéon. Quoique les forces leur manquent parfois, néanmoins ils poursuivent toujours. Ils ajoutent constamment de nouvelles grâces aux grâces anciennes, la foi à la foi , la force à la force. Chaque année, il semblent voir, connaître, croire, et sentir davantage en religion. Chaque fois que vous vous rencontrez avec eux, leurs cœurs vous semblent plus larges, leur stature spirituelle grandie et fortifiée. Non seulement ils prouvent la réalité de leur foi par leurs bonnes œuvres, mais encore par leur zèle à les pratiquer. Non seulement ils font le bien, mais ils sont infatigables à le faire. Ils entreprennent de grandes choses, mais ils en font de plus grandes encore. Quand ils échouent, ils essaient de nouveau, et quand ils tombent, ils se relèvent bientôt. Toutefois, en faisant tout ce que nous venons de mentionner, ils se considèrent comme de pauvres et inutiles serviteurs, et ils s’imaginent ne rien faire du tout. Ce sont ceux, qui rendent la religion belle et aimable aux yeux de tous. Ils sont loués même par les inconvertis, et obtiennent la bonne opinion des hommes les plus égoïstes du monde : chacun aime à les voir, à être avec eux, à les écouter. Quand vous les rencontrez, vous croiriez que, semblables à Moïse, ils viennent de sortir de la présence de Dieu. Quand vous vous en séparez, vous vous sentez réchauffés par leur compagnie, et comme si votre âme avait été près d’un bon feu. Je sais que des hommes de cette espèce sont rares; mais, je vous le demande, les choses ne sont-elles pas ainsi?

Maintenant, à quoi attribuer cette différence que nous venons de mentionner? Par quelles raisons tels fidèles sont-ils plus distingués et plus saints que tels autres? Je crois que, dans dix-neuf cas sur vingt, la différence provient de leurs habitudes diverses au sujet de la prière particulière. Je crois que ceux qui ne sont pas éminemment saints prient peu, et que ceux qui le sont prient beaucoup.

Je présume que cette opinion étonnera quelques lecteurs. Je me doute fort que plusieurs regarderont celte sanctification avancée comme une espèce de don spécial et un privilège, qui n’est le partage que d’un petit nombre. Ils l’admirent à distance dans les livres. Ils la trouvent belle quand ils en rencontrent quelques exemples près d’eux. Mais quant à être une chose à la portée d’un grand nombre, c’est ce qui ne semble leur être jamais entré dans l’esprit. En un mot, ils la considèrent comme un don, un privilège, et pas autre chose.

Je crois qu’il y a là une méprise, et des plus dangereuses. Je crois que la grandeur spirituelle, aussi bien que la grandeur naturelle, dépend beaucoup plus de l’usage des moyens qui sont à la portée de tous, que d’aucune autre chose. Naturellement, je ne prétends pas que nous ayons droit de nous attendre à une effusion miraculeuse de dons intellectuels, mais je dis que quand un homme est une fois converti à Dieu, sa sanctification plus ou moins grande dépend principalement de l’activité qu’il déploie à user des moyens que Dieu a mis à sa disposition. Et j’ose affirmer avec confiance que les principaux des moyens par lesquels le plus grand nombre des fidèles sont devenus grands dans l’Eglise de Christ, c’est l’habitude et l’exactitude dans la prière particulière.

Examinez les vies des plus éminents et des meilleurs des serviteurs de Dieu, soit dans la Bible, soit ailleurs; voyez ce qui est écrit de Moïse, de David, de Daniel et de Paul; remarquez ce qui nous est raconté des réformateurs et des chrétiens distingués qui leur ont succédé; observez ce qu’on rapporte de leurs dévotions particulières, et vous verrez qu’il n’est pas un seul de tous ces illustres compagnons des saints et des martyrs qui n’ait pas possédé cette marque à un degré éminent, savoir: qu’il était un homme de prière. Oh! lecteur, n’en doutez pas, la prière est une puissance.

Par la prière, on obtient de nouvelles et constantes effusions de l’Esprit. C’est lui qui commence l’œuvre de la grâce dans tout cœur d’homme. Lui seul peut la faire avancer et prospérer. Mais le Saint-Esprit aime à être sollicité, et ceux qui prient le plus obtiendront toujours une plus large part de son influence.

La prière est le plus sûr remède contre le démon et contre les péchés d’habitude. Ces péchés ne subsisteront pas toujours, si vous priez de tout votre cœur pour en être délivrés. Et le démon n’aura pas longtemps domination sur vous, si vous suppliez le Seigneur de le chasser. Mais pour obtenir de votre grand Médecin le soulagement journalier dont vous avez besoin, exposez-lui toutes vos circonstances. Nous devons arracher de force les démons qui habitent en nous, les jeter aux pieds de Christ, et le supplier de les revoyer dans l’abîme.

Lecteur, souhaitez-vous de croître dans la grâce et d’être un chrétien sanctifié, soyez certain que vous n’avez pas de question plus importante à vous adresser que celle-ci: « Priez-vous? »

Voir aussi:

Question : « Priez-vous? » (6e partie)

Question : « Priez-vous? » (4e partie)

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