Question : « Priez-vous? » (10e partie)

PriezVousJe vais citer à nouveau des paragraphes d’un document de J. C. Ryle (1816-1900) appelé « Priez-vous? Question pour le moment présent » (disponible pour lecture ou téléchargement gratuit sur Google) :

Enfin, je m’adresse à ceux qui prient. J’espère que bon nombre de ceux qui lisent ce traité savent ce que c’est que prier, et qu’ils ont reçu l’Esprit d’adoption. A tous ceux qui sont dans ce cas, j’offrirai quelques conseils fraternels et quelques paroles d’exhortation.

L’offrande de l’encens dans le tabernacle devait être faite d’une certaine manière. Toute espèce d’encens ne pouvait pas y être employée; souvenons-nous-en, et soyons attentifs au sujet de nos prières et à la manière dont nous prions. Frères qui priez, si le cœur du chrétien vous est quelque peu connu, vous devez être souvent dégoûtés de vos propres prières, et ces paroles de Paul: « J’ai bien la volonté de faire ce qui est bien, mais je fais le mal que je ne voudrais pas faire. » (Romains, VII, 18, 19); ces paroles, dis-je, ne vous ont peut-être jamais fait une impression si profonde que quand vous avez été quelquefois à genoux. Vous avez alors compris le sens de ces paroles de David: « J’ai en haine les paroles vaines »; et vous avez sympathisé avec ce pauvre Hottentot converti, qui fut entendu, disant: « Seigneur, délivre-moi de tous mes ennemis; mais surtout de cet homme méchant, qui est moi-même! » Il est peu d’enfants de Dieu qui n’aient trouvé que le moment de la prière était souvent une lutte. Le démon ressent une rage toute particulière contre ceux qu’il voit à genoux, priant; aussi suis-je sous l’impression que des prières, qui n’excitent en nous aucun trouble, doivent être tenues grandement pour suspectes. — Je crois que nous sommes d’assez pauvres juges de la bonté de nos prières, et que souvent celles qui nous plaisent le plus sont les moins agréables à Dieu. Permettez-moi, comme votre compagnon dans la lutte chrétienne pour l’Evangile, de vous adresser quelques mots d’exhortation. Il y a une chose au moins que nous sentons tous, c’est que nous devons prier. Nous ne pouvons y renoncer: nous devons marcher en avant.

Je recommande donc à votre attention comme une chose importante, le respect et l’humilité en priant. N’oublions jamais ce que nous sommes, et combien c’est une chose solennelle que de parler à Dieu. Gardons-nous de paraître en sa présence avec négligence et légèreté. Disons-nous à nous-même: « La terre où je suis est sainte » (Exode, III, 5). — « C’est ici la porte des cieux » (Gen., XXVIII, 17). Si je ne prends pas garde à ce que je dis, je me moque de Dieu. « Si j’eusse pensé quelque iniquité en mon cœur, le Seigneur ne m’eût point écouté. » Gravons dans notre mémoire ces paroles de Salomon: « Ne te précipite point à parler , et que ton cœur ne se hâte point de prononcer aucune parole devant Dieu; car Dieu est aux cieux , et toi tu es sur la terre. » (Ecclés., V, 2).

Je vous recommande ensuite de prier par l’esprit. J’entends par là que nous devons toujours tacher d’être dirigés par l’Esprit dans nos prières et nous garder par-dessus toutes choses du formalisme. Il n’y a rien de si spirituel qui ne puisse devenir une forme, et c’est tout spécialement vrai de la prière particulière. Nous pouvons insensiblement prendre l’habitude, en employant le langage le plus convenable et en offrant les prières les plus scripturaires, de faire cependant tout cela par routine, sans conviction, et tourner tout le jour dans un ancien chemiu battu, comme un cheval dans un moulin.

Je désire toucher à ce sujet avec délicatesse et précaution. Je sais qu’il y a un certain nombre d’objets importants et toujours nécessaires que nous devons demander continuellement à Dieu, même en nous servant des mêmes termes, sans qu’il y ait rien en cela de formaliste. Ainsi, Satan, le monde et nos cœurs sont toujours les mêmes, et nous ne pouvons nous empêcher d’en parler chaque jour et presque de la même manière; mais voici ce que j’entends, et nous devons être fort attentifs sur ce point. Si, par la force des choses, le squelette et l’enveloppe de nos prières sont presque une habitude, efforçons-nous de combattre cette tendance au formalisme en les revêtant autant que possible de l’esprit. Ainsi, lire des prières est un usage que je ne saurais approuver; si nous pouvons dire à notre docteur quel est l’état de notre corps sans consulter un livre,nous devons aussi être capables de dire à Dieu quel est l’état de notre âme sans le secours d’une liturgie : je ne fais pas d’objection à ce qu’un homme fasse usage de béquilles quand il commence à recouvrer l’usage d’un membre cassé: il vaut mieux pour lui de se servir de béquilles que de ne pas marcher du tout. Mais si je le voyais toute sa vie se servir de béquilles, je n’y verrais pas matière à le féliciter; j’aimerais le voir assez fort pour qu’il pût jeter loin de lui ses béquilles.

Je vous recommande encore de faire de la prière une affaire régulière de la vie. Je crois devoir dire quelque chose du prix que j’attache à voir un temps régulièrement fixé chaque jour pour la prière. Dieu est un Dieu d’ordre. Les heures régulières de sacrifice du matin et du soir dans le temple de Jérusalem n’avaient pas été déterminées telles qu’elles l’étaient sans avoir leur signification. Le désordre est universellement un des fruits du péché. Cependant je ne voudrais replacer personne sous le joug de la loi et des formes. Ce que j’entends, c’est qu’il importe à la santé de votre âme d’accorder à l’affaire, de la prière une portion déterminée dans l’emploi des vingt-quatre heures dont chaque jour de votre vie se compose. Comme vous avez un temps fixe pour manger, pour dormir et pour travailler, accordez de même un temps à la prière. Choisissez vous-même l’heure et le moment. Mais, pour le moins entretenez-vous avec Dieu chaque matin avant que vous conversiez avec les hommes, et parlez-lui le soir après que vous en avez fini avec le monde et que son bruit ne vous importune plus. Mettez-vous dans l’esprit que la prière est une des choses capitales de chaque jour. Ne la reléguez pas dans un coin. Ne lui donnez pas les bribes, les restes et les rognures de votre journée. Quelle que soit l’affaire dont vous vous occupiez d’ailleurs, faites une affaire de la prière.

Voir aussi :

Question : « Priez-vous? » (11e partie)

Question : « Priez-vous? » (9e partie)

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