Question : « Priez-vous? » (12e partie)

PriezVousJe vais citer à nouveau des paragraphes d’un document de J. C. Ryle (1816-1900) appelé « Priez-vous? Question pour le moment présent » (disponible pour lecture ou téléchargement gratuit sur Google) :

Je vous recommande encore la spécialité dans la prière. Nous ne devons pas nous contenter de généraliser nos demandes; mais nous devons exposer nos besoins en détail devant le trône de la grâce. Il ne suffit pas de confesser que nous sommes pécheurs; mais nous devons nommer les péchés dont notre conscience nous avertit que nous sommes le plus coupables. Ce n’est pas assez de prier pour que nous soyons sanctifiés; nous devons mentionner les grâces dont nous nous sentons le plus dépourvus. Il ne suffit pas que nous disions au Seigneur que nous sommes dans l’inquiétude; nous devons décrire de quelle nature sont nos inquiétudes.

Nous devons prier pour chacun et pour tous. C’est là la plus haute charité. Celui qui aime en prière aime le mieux. Cest ce qui élargit nos sympathies, ouvre nos cœurs, et fait la santé de nos âmes, en contribuant au bien de l’Eglise. La prière est comme l’huile nécessaire pour graisser les rouages de tous les instruments employés à répandre l’Evangile. — Ceux qui intercèdent font autant pour la cause du Seigneur que Moïse sur la montagne, lorsque Josué combattait à la tête d’Israël. — Ils imitent Jésus-Christ, en portant sur leurs poitrines les noms de ses disciples, comme le fait leur souverain Sacrificateur devant le Père. Oh! si, comme ministre du Seigneur, j’avais à choisir une congrégation, je lui demanderais de m’en donner une qui prie.

Je vous recommande ensuite la reconnaissance dans vos prières. Je sais bien que louer Dieu et prier Dieu sont deux choses différentes; mais je vois dans la Bible une union si étroite entre la prière et la louange, que je n’ose pas appeler une véritable prière celle où les actions de grâces n’ont pas leur place. Ce n’est pas pour rien que saint Paul disait : « Ne vous inquiétez d’aucune chose, mais exposez vos besoins à Dieu en toute occasion, par des prières, des supplications avec des actions de grâces. » (Philip., IV, 6). — « Persévérez et veillez dans la prière et dans les actions de grâce. » (Col., IV, 2). » C’est par pure miséricorde que nous ne sommes pas en enfer. C’est par grâce que nous avons l’espérance des cieux. C’est par grâce que nous vivons dans un pays qui jouit de la lumière spirituelle, que nous avons été appelés par l’Esprit, et non abandonnés pour recueillir le fruit de nos œuvres. C’est ses circonstances. C’est ce que fit Jacob, quand il craignit la rencontre de son frère Esaü: il dit à Dieu en détail ce qu’il avait à redouter (Gen., XXXII). C’est ce que fit Eliézer lorsqu’il alla à la recherche d’une femme pour le fils de son maître: il exposa devant Dieu exactement quels étaient ses désirs (Gen., XXIV, 12). C’est ce que faisait aussi saint Paul, quand il se plaignait d’avoir une écharde dans la chair : il cria au Seigneur (2 Cor., XII, 8). Voilà des exemples d’une foi et d’une confiance véritables. Nous ne devons pas croire que rien soit trop petit pour être exposé devant Dieu. Que penserions-nous d’un malade qui dirait à son docteur simplement qu’il souffre, sans entrer dans aucun détail sur ses souffrances; ou de celte femme qui dirait à son mari qu’elle est malheureuse, sans lui rien dire des causes de son malheur; ou d’un enfant qui dirait à son père qu’il est dans la peine, sans ajouter rien de plus? Oh ! lecteur, Christ est le véritable époux de notre âme, le vrai médecin de notre cœur, le père réel de son peuple; montrons-lui que nous le sentons vivement en étant sans réserve dans nos rapports avec lui, — n’ayant pour lui aucun secret. Disons-lui tout ce que nous avons dans le cœur.

Je vous recommande encore l’intercession pour les autres dans vos prières. Nous sommes tous égoïstes par nature, et notre égoïsme cherche toujours à se cramponner à nous, même quand nous sommes convertis. Il y a en nous une tendance à ne nous occuper que de notre propre âme, — de nos propres luttes spirituelles,—de nos progrès en religion, — et à oublier les autres. Nous devons combattre cette tendance, surtout quand elle se manifeste dans nos prières. Nous devons nous étudier à les faire dans l’esprit le plus large, nous exciter à présenter d’autres noms que le nôtre devant le trône de grâce, à porter dans nos cœurs le monde entier: — les païens,—les catholiques romains. Or, toutes ces pensées doivent se presser dans notre esprit quand nous parlons avec Dieu, et nous ne devrions jamais ouvrir nos lèvres pour prier, sans bénir Dieu pour cette libre grâce par laquelle nous vivons, et pour ce tendre amour qui dure éternellement. Jamais aucun saint n’a existé qui ne fût plein de reconnaissance. Presque dans chacune de ses épîtres, saint Paul commence par des actions de grâces; et on trouve la même chose chez tous les chrétiens distingués des époques postérieures.

Oh ! lecteur, si nous voulons être des lumières brillantes, et éclatantes dans le temps où nous vivons, attachons-nous à l’esprit de louanges, et surtout que nos prières soient pleines d’actions de grâces.

Je vous recommande enfin la vigilance dans vos prières. La prière est, de tous les points de la religion, celui sur lequel nous devons apporter la plus grande attention. C’est là que commence la vraie religion; là qu’elle fleurit, — et là aussi qu’elle tombe en décadence. Dites-moi ce que sont les prières d’un homme, et je vous dirai bientôt quel est l’état de son âme. La prière est le pouls spirituel par lequel la santé d’une âme est attestée. La prière est le baromètre spirituel, au moyen duquel nous pouvons toujours savoir si le temps est serein ou brumeux dans nos cœurs. —Oh ! ayons toujours l’œil tendu vers nos dévotions particulières. Elles forment la moelle et le principe vital de notre christianisme pratique. Les sermons, les livres et les traités, les comités pour des objets religieux et la société des gens pieux, sont des choses toutes bonnes à leur place; mais elles ne compenseront jamais la négligence des prières particulières. Faites attention aux lieux , aux sociétés et aux compagnons qui vous séparent de la communion de Dieu et rendent vos prières lourdes, et alors soyez sur vos gardes. Observez de près quels sont les amis et les occupations qui laissent votre âme sous l’impression la plus spirituelle et la mieux disposée à s’entretenir avec Dieu; et alors attachez-vous-y fortement.

Lecteur, si vous voulez seulement prendre soin de vos prières, j’ose vous assurer que votre âme ne courra jamais de danger sérieux.

Je soumets ces divers sujets à votre attention particulière, je le fais,en toute humilité. Je sais que personne n’a plus besoin de se les rappeler que moi-même; mais je crois qu’ils contiennent la vérité de Dieu, et je voudrais que moi et tous ceux que j’aime le sentissions davantage.

L’époque où nous vivons demande tout particulièrement qu’on prie beaucoup. Je souhaite que l’Eglise de Christ, en 1852, soit tout spécialement une Eglise de prière. Je désire, et c’est la prière de mon cœur en répandant ce traité, de provoquer un plus grand esprit de prière. Je souhaite que ceux qui n’ont pas encore prié sortent de leur sommeil, se lèvent et crient au Seigneur.

Voir aussi:

Question : « Priez-vous? » (11e partie)

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