Question : Comment étudier la Bible profitablement? (3e partie)

Ecclesiaste4Joseph Angus, pasteur baptiste britannique du 19e siècle:

« Au lieu de multiplier les exemples, nous allons résumer sur un seul passage l’application des différentes règles qui précèdent. »

« Exemple. — Nous lisons 2 Timothée, 1,8: « Ne prends donc point à honte le témoignage de notre Seigneur, ni moi, qui suis son prisonnier : mais prends part aux afflictions de l’Evangile. » — Le sens de la phrase étant bien clair, si maintenant nous voulons l’étudier au point de vue pratique, nous l’analyserons ainsi qu’il a été dit ci-dessus:

a. Des mots, il résulte que:

1) L’Evangile est appelé un témoignage: il n’est donc pas une assertion sans preuves;

2) Le chrétien ne doit pas en avoir honte. Le courage est souvent nécessaire à la profession de l’Evangile, surtout dans des temps de persécution;

3) Ce courage n’est pas une vaine présomption sans preuves ni raisons, mais une assurance fondée sur des motifs: « Ne prends donc point à honte, etc. »

4) L’Evangile est le témoignage de notre Seigneur; il rend témoignage de Christ qui est notre Seigneur. Paul et Timothée étaient serviteurs de Dieu au même titre (Philippiens, I, 1); ils étaient placés dans la même position vis-à-vis de Jésus-Christ, et, par conséquent, tenus de lui obéir;

5) Paul était son prisonnier; les hommes l’avaient mis en prison, mais il n’était pas en leur pouvoir, et il ne souffrait pas non plus comme un malfaiteur. »

« b. De la place de chaque mot dans la phrase, il résulte que:

1) Ne pas prendre part aux afflictions de l’Evangile quand on y est appelé, c’est avoir honte du témoignage de notre Seigneur;

2) Celui qui a honte des chrétiens quand ils souffrent comme chrétiens, a honte de Christ lui-même;

3) Nous devons rendre témoignage à Christ, non pas seulement dans la prospérité, mais encore dans l’affliction;

4) Même dans ses liens, Paul prêchait l’Evangile;

5) Paul rendit toujours un fidèle témoignage à la vérité; il adjure maintenant Timothée d’en faire autant. Il est nécessaire que tous les serviteurs de Dieu s’unissent pour rendre témoignage;

6) Un cœur timide et sans foi n’est propre ni à rendre témoignage, ni à prendre part aux afflictions de l’Evangile. »

« c. Si l’on fait attention au contexte, on verra que le but de Paul, dans cette partie du chapitre, est d’exhorter Timothée à tout souffrir pour la cause de Christ, et il appuie son exhortation de nombreux et puissants arguments. — Le verset 4 montre que les chrétiens peuvent se réjouir, même dans l’affliction, et vivre dans la plus heureuse communion les uns avec les autres. — Le verset 3 nous rappelle que les chrétiens qui sont dans le cas de souffrir pour l’Evangile ont besoin qu’on prie pour eux « nuit et jour. » — Le verset 5, que le souvenir de parents et d’ancêtres pieux peut être un précieux encouragement à la fermeté et à la fidélité, surtout à des époques de persécution. — Le verset 6, que le don qu’un ministre a reçu de Dieu doit être ranimé, non seulement pour enseigner, mais aussi pour souffrir. — Le verset 7, que les dons de puissance, d’amour (pour Christ et pour les âmes) et de prudence dans l’accomplissement de devoirs difficiles, obligent le chrétien à la fidélité dans l’affliction. — Le verset 9, que la pensée de notre salut, de la grâce et du dessein de Dieu envers nous, doit bannir la crainte que pourraient inspirer des souffrances temporelles. — Le verset 10, que la supériorité de la dispensation évangélique et la confirmation de notre foi par l’apparition et la résurrection de Christ doivent nous rendre plus disposés à souffrir; car nous souffrons, non pour des fables artificieusement composées, mais pour la vérité de Dieu. »

« En comparant ce verset avec ceux qui précèdent, on en retire encore d’autres leçons. La crainte de la persécution est une cause fréquente d’apostasie. Les hommes ont souvent honte de l’Evangile de Christ, parce qu’ils craignent d’avoir leur part des afflictions de l’Evangile. La prudence, la vraie sagesse consiste à savoir supporter l’affliction plutôt que de renier Christ. La prudence humaine, la sagesse terrestre est éprouvée et reconnue vaine par l’affliction. L’esprit de crainte est dangereux pour notre affermissement dans la foi; il n’est pas un don de Dieu. La vraie force est dans la constance et la fidélité. L’amour a tant d’influence sur l’âme, que, si nous sommes exposés aux plus sévères épreuves, même à la mort, il nous rend inébranlables. L’apostasie implique faiblesse, froideur, folie; la persévérance suppose force, prudence et amour. »

« d. Le but de la lettre, les circonstances dans lesquelles se trouve celui qui l’écrit, peuvent suggérer aussi d’importantes leçons. Saint Paul est prisonnier pour l’amour de l’Evangile; il prie Timothée de venir le rejoindre, et il cherche à le préparer d’avance et à le fortifier contre les afflictions et les persécutions qui, à cette époque, désolaient les Eglises à Ephèse et à Rome. »

« De saint Paul nous apprenons que le chrétien, alors même qu’il est en prison pour la cause de Christ, peut encore être utile à cette cause en encourageant les autres à la servir et à la défendre, et que, bien loin de perdre lui-même courage, il peut encore servir à encourager les autres à souffrir, si cela est nécessaire; — que dans l’épreuve , nous devons prendre un soin tout particulier de ne pas décourager les autres par le tableau de nos souffrances; — que nous pouvons demander aux autres de participer à nos souffrances, si cela peut contribuer à l’avancement du règne de Dieu, mais que nous devons d’abord fortifier leurs cœurs contre tout ce qu’ils pourront avoir à souffrir; — que les chrétiens peuvent être tentés d’apostasier par crainte de la souffrance, et qu’ils doivent être tendrement avertis et encouragés par les prières de ceux qui pressentent l’approche de l’épreuve. »

« De Timothée nous pouvons apprendre qu’un chrétien ne doit jamais quitter son poste ni hésiter à se rendre où le devoir l’appelle par crainte des dangers qu’il peut courir; qu’il doit toujours être prêt à tout souffrir; que le danger d’autrui ne doit pas nous intimider, mais nous rendre à la fois prudents et disposés à souffrir les mêmes épreuves; enfin, même lorsqu’il s’agit de chrétiens éminents, l’exemple de Timothée nous montre qu’il n’est pas inutile, quand on les appelle au service de Dieu, d’aplanir toutes les difficultés et les scrupules que les circonstances peuvent soulever pour les retenir. »

« Quant au but général de l’épître, si on le rapproche des paroles du passage spécial que nous examinons, il nous rappelle que, dans des temps de persécution , le courage moral et la fermeté de l’esprit sont particulièrement nécessaires. Les serviteurs de Dieu ont alors besoin de s’exciter et de s’encourager les uns les autres à persévérer dans l’obéissance et la foi. Avant de nous engager dans l’exécution d’un devoir difficile, nous devons nous y préparer par la prière et l’exhortation fraternelle. Les qualités nécessaires au service du règne de Dieu sont des dons du Saint-Esprit. »

« e. La comparaison des passages parallèles est un dernier travail à faire, qui fournit à son tour de nouveaux enseignements. C’est, du reste, le parallélisme de la pensée bien plus que celui des mots qui nous intéresse ici. Prenons deux phrases l’une après l’autre. »

« N’aie donc point honte de l’Evangile, dit Paul à Timothée. L’apôtre dit de lui-même (Romains, I, 16. Philippiens, I, 20) qu’il n’a point honte de l’Evangile; c’est la même énergie qu’il réclame de Timothée. Les vrais et fidèles ministres n’exigent des autres que ce qu’ils ont reconnu possible par leur propre expérience; et, en outre, celui qui peut le mieux prêcher la patience, c’est celui qui joint l’exemple au précepte. — Prends part aux afflictions de l’Evangile. On voit par 1 Thessaloniciens, III, 2-4, que Timothée avait été envoyé à Thessalonique pour y exhorter et affermir l’Eglise, afin que nul ne fût troublé par les afflictions; et par Romains, VIII, 17, 18, que la participation aux souffrances est nécessaire pour obtenir la participation à la gloire. Il suit de là que Timothée était très particulièrement obligé de pratiquer ce qu’il enseignait aux autres, et que la perspective d’éternelles bénédictions, proportionnées à la grandeur et à la sainteté de nos souffrances, doit nous apprendre à supporter la honte et quelques souffrances passagères. —On peut comparer encore 1 Corinthiens, IV, 9. 2 Corinthiens, XI, 13-33, où l’apôtre envisage les afflictions comme le sceau de son apostolat; 1 Pierre, IV, 13. Colossiens, I, 24, où les chrétiens sont appelés, non seulement à endurer les afflictions, mais à se réjouir en elles; Apocalypse, XII, 11, qui nous montre dans la joie de ceux qui sont devant le trône, la fin et le terme des souffrances de ceux qui ont accepté les conséquences de la profession de leur foi; 1 Pierre, III, 13; IV, 17, où l’on voit enfin que les impies eux-mêmes ne sont pas exempts de souffrance, et que le plus sûr moyen, sinon d’éviter l’épreuve, au moins d’en adoucir l’amertume, se trouve dans la fidélité chrétienne. »

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Voir aussi :

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (4e partie)

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (1re partie)

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (2e partie)

« Directions pour lecture de la Bible » de César Malan (1823)

Livres électroniques gratuits : manuels/guides de la Bible disponibles en français

Livre électronique gratuit: « Le manuel de la Bible » de Joseph Angus (1816-1902)

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