Question : Comment étudier la Bible profitablement? (4e partie)

Ecclesiaste4Joseph Angus, pasteur baptiste britannique du 19e siècle:

« Autre exemple. — Les règles que nous avons indiquées sont simples; elles sont, en outre, d’une application générale; et comme ce genre d’étude est non seulement fort intéressant, mais encore très instructif, nous donnerons encore un exemple ou deux de la manière dont il convient d’examiner et d’analyser un passage, quand on veut en extraire tout ce qu’il renferme de lumière et de force. « J’ai de la joie pour l’amour de vous, dit Jésus, de ce que je n’y étais point, afin que vous croyiez; mais allons vers lui (Jean XI, 15). » Que trouvons-nous dans ces paroles? »

« 1) Christ était joyeux. — La joie est quelquefois bien naturelle. En relisant les versets 14, 35, 36, nous voyons qu’un évènement, en lui-même pénible, peut être parfois un sujet de joie pour le chrétien. En comparant d’autres passages des Ecritures, on reconnaît que la joie de notre Sauveur avait toujours son origine dans ce qui pouvait contribuer au bien spirituel de ses disciples ou à la gloire de son Père. »

« 2) Il avait de la joie pour l’amour de ses disciples. — Qu’un esprit bienveillant se complaise dans ce qui peut contribuer au bonheur des autres, et qu’en particulier quelques-unes des actions de Jésus-Christ aient été provoquées par la pensée de l’utilité qui pouvait en résulter pour ses disciples, c’est évident. Les paroles de notre texte vont cependant plus loin encore. Le contexte nous montre que le chrétien peut être appelé quelquefois à souffrir pour le bien de ses frères. En comparant ce passage avec d’autres parties des Ecritures, nous en tirons une conclusion encore plus générale. Tout ce qu’a fait et souffert Jésus-Christ, il l’a fait pour l’amour de l’Eglise. C’est pour elle qu’il s’est dépouillé volontairement de la gloire céleste. C’est pour nous qu’il s’est fait pauvre. Il a porté nos langueurs; il a chargé nos douleurs. S’il s’est consacré tout entier à nos intérêts, s’il s’est sanctifié lui-même pour l’œuvre de la rédemption et de l’intercession, c’est pour nous qu’il l’a fait, afin que nous aussi nous soyons sanctifiés par la vérité (Jean XVII, 19). Une voix est-elle descendue du ciel pour le fortifier? ce n’est point pour lui, mais pour nous (Jean XII, 30). S’il est remonté au ciel après avoir souffert, c’est qu’il était convenable pour nous qu’il s’en allât; s’il est assis maintenant à la droite du Père, c’est afin que si quelqu’un a péché, il ait un avocat auprès du Père. Les lois même de sa providence sont soumises aux intérêts de l’Eglise; c’est pour elle qu’il a frappé plusieurs grands rois. Il a épargné l’ancien Israël coupable, à cause des serviteurs fidèles qui s’y trouvaient encore (Esaïe LXV, 8). Enfin, d’une manière tout-à-fait générale, il nous apprend que « toutes choses sont pour nous (1 Corinthiens III, 21. 2 Corinthiens IV, 15), » et que « toutes contribuent au bien de ceux qui l’aiment (Rom., VIII, 28). »

« 3) Il avait de la joie de ce qu’il n’y était point pour guérir Lazare. — Le retard apporté dans une délivrance est quelquefois une bénédiction. En comparant ces paroles avec les versets 21 et 32, où Marthe et Marie s’étonnent qu’il n’ait pas été là, et avec les versets 44, 45, où il est dit que les Juifs crurent, nous pouvons conclure que Jésus atteint quelquefois son but par des moyens qui ne sont pas conformes à ce que ses disciples avaient attendu. Et si nous comparons cette histoire avec d’autres récits analogues, nous en tirons cette conclusion générale, que les voies de Dieu ne sont pas nos voies, ni ses pensées nos pensées. C’est ainsi que Joseph, par exemple, fut vendu aux Egyptiens dans l’angoisse de son âme et au grand deuil de son père. Là il fut tenté, emprisonné, éprouvé de bien des manières, et néanmoins tout cet ensemble d’épreuves était, dans le dessein de Dieu, une grâce pour lui, un moyen de sanctification, et certainement pour sa famille une source de grandeur et d’élévation, sans doute aussi une préservation merveilleuse contre les horreurs de la famine. Toutes ces épreuves tournèrent d’ailleurs à l’honneur de Joseph, et peuvent fournir de nombreux et sérieux exemples aux jeunes gens de tous les siècles exposés aux mêmes tentations. — Les souffrances de Job ont au premier moment quelque chose de mystérieux : tout s’explique cependant à la fin de son histoire, car Dieu bénit son dernier état plus que son premier, et Job reçut des honneurs nouveaux, proportionnés à ses afflictions passées, de telle sorte que son histoire peut être considérée comme une longue leçon de patience et de foi. — Les trois jeunes Hébreux à Babylone se montrèrent fidèles au milieu des infidèles, et pour leur consciencieuse obéissance à la loi divine, ils furent jetés dans la fournaise ardente. Dieu était-il là, et intervint-il en leur faveur? Non, de la manière du moins que nous l’aurions espéré; mais oui, en réalité. Il fit de leurs souffrances l’occasion de promesses nouvelles adressées à son Eglise touchant la venue du Messie; car un quatrième personnage fut vu se promenant avec eux au milieu des flammes; et, en outre, ils furent préservés de tout mal, tellement que rien en eux ne sentit l’odeur du feu. Dans ce cas encore le résultat final fut, ce qu’il n’eût pu être si Dieu était intervenu dès le commencement, qu’un roi païen fut contraint de reconnaître qu’il n’y avait aucun dieu qui pût délivrer comme le Dieu des Hébreux. Dans toutes ces circonstances, le but divin fut réalisé par des moyens tout autres que ne l’imaginaient ceux qui étaient dans l’épreuve ou dans la souffrance. Il y a donc folie à juger l’œuvre de Dieu avant qu’elle soit achevée, il y a sagesse à savoir attendre jusqu’au jour où toutes choses seront manifestées et où nous connaîtrons parfaitement. C’est encore une leçon que nous donne le passage de saint Jean. »

« 4) Jésus fit ces choses afin que ses disciples crussent en lui. — Ce que Christ veut avant tout, c’est notre progrès dans la foi. Ses disciples n’étaient pas des hommes crédules, comme on paraît le croire souvent; bien au contraire. Leur foi ne fut pas une affaire d’entraînement ou d’inclination, mais le résultat de l’évidence et de la conviction. Ce qui ajoute à la force de leur témoignage, c’est qu’ils ont été amenés par l’abondance des preuves à croire eux-mêmes ce qu’ils racontent. De ce qui est dit au verset 45 , que plusieurs Juifs crurent aussi, on voit que les mêmes manifestations de la puissance divine, qui affermissent la foi du croyant, peuvent former la conviction de ceux qui sont encore indécis. D’après Jean XX, 31, les miracles sont destinés à produire la même impression sur nous que sur ceux qui en ont été les témoins, parce que le récit qui nous en est fait par des témoins authentiques et dignes de foi les convertit en miracles permanents. En comparant notre passage avec d’autres qui semblent supposer que les apôtres avaient déjà la foi, nous voyons que la foi a des degrés. En le comparant avec Romains V, 1, où il est dit que les chrétiens sont justifiés par la foi, avec Actes XXVI, 18, où il est dit qu’ils sont sanctifiés par la foi, et avec Galates II, 20. 2 Corinthiens 1, 24, où la foi est représentée comme le secret de leur vie et de leur force, nous voyons que l’accroissement de la foi est une chose précieuse aux yeux du Seigneur, parce qu’il produit pour le chrétien un accroissement correspondant de fruits bénis, de paix et de joie. »

« 5) Jésus avait cependant résolu de se rendre auprès de lui. — Le cas de Lazare pouvait paraître désespéré, mais il ne l’était pas pour la puissance divine. Christ fait souvent beaucoup au-delà de ce que nous pouvons penser. Pour lui le moment propice est quelquefois celui où le mal semble sans remède. Comparées avec le verset suivant, on voit que les paroles de notre Seigneur ont été et peuvent être souvent mal interprétées par manque de foi. Comparées avec le verset 6 on voit que notre Seigneur ne craignait pas d’affronter un danger personnel, quand il s’agissait de consoler ses disciples ou de raffermir leur foi. Les versets 42-44 nous montrent que lorsque le but de l’épreuve est atteint, l’épreuve elle-même peut cesser. Enfin, l’ensemble du verset nous rappelle que Dieu nous parle quelquefois par les afflictions envoyées aux autres, et que, si nous méconnaissons sa voix, nous nous exposons selon toute apparence à être châtiés nous-mêmes. »

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Voir aussi :

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (5e partie)

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (1re partie)

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (2e partie)

Question : Comment étudier la Bible profitablement? (3e partie)

« Directions pour lecture de la Bible » de César Malan (1823)

Livres électroniques gratuits : manuels/guides de la Bible disponibles en français

Livre électronique gratuit: « Le manuel de la Bible » de Joseph Angus (1816-1902)

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