La repentance du roi Achab (1 Rois chapitre 21) et le jugement des nations

zpage171« Achab dit à Élie: M’as-tu trouvé, mon ennemi? Et il répondit: Je t’ai trouvé, parce que tu t’es vendu pour faire ce qui est mal aux yeux de l’Éternel. Voici, je vais faire venir le malheur sur toi; je te balaierai, j’exterminerai quiconque appartient à Achab, celui qui est esclave et celui qui est libre en Israël, et je rendrai ta maison semblable à la maison de Jéroboam, fils de Nebath, et à la maison de Baescha, fils d’Achija, parce que tu m’as irrité et que tu as fait pécher Israël… Après avoir entendu les paroles d’Élie, Achab déchira ses vêtements, il mit un sac sur son corps, et il jeûna; il couchait avec ce sac, et il marchait lentement. Et la parole de l’Éternel fut adressée à Élie, le Thischbite, en ces mots: As-tu vu comment Achab s’est humilié devant moi? Parce qu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur pendant sa vie; ce sera pendant la vie de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison. » (1 Rois 21:20-22,27-29)

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Concernant cette repentance d’Achab, je vais vous partager quelques paroles du pasteur suisse Louis Gaussen :

« Avant de traiter notre sujet de ce jour, l’imprudente visite du bon roi Josaphat au méchant roi Achab et à sa méchante femme*, je veux revenir sur celui de dimanche dernier parce que nous l’avons étudié trop rapidement et qu’il a pu vous présenter des difficultés que nous n’avons pas suffisamment éclaircies. Il s’agit de la repentance d’Achab. Était-elle sincère? Et si elle ne l’était pas, comment Dieu, qui sonde les cœurs, semble-t-il l’avoir eue pour agréable, et comment put-elle attirer la faveur divine? »

* voir 1 Rois chapitre 22

« Vous vous rappelez que dès qu’il avait entendu le prophète lui dénoncer le terrible jugement de Dieu, si sévère et si mérité, Achab avait témoigné avec véhémence sa douleur, son repentir, sa terreur, son humiliation. Il avait mis un sac de crin sur sa chair pour se rappeler constamment son iniquité; il avait déchiré ses vêtements pour exprimer qu’il ne méritait pas de les porter; il avait jeûné pour témoigner qu’il était indigne de manger et de boire; il s’était couché comme pour indiquer qu’il était également indigne de se tenir debout; il s’était enveloppé d’un autre sac pour que tout le peuple vît son humiliation, et quand il allait d’un lieu à l’autre il se traînait en marchant comme pour dire avec David : « Je suis un ver et non point un homme. »

« C’était un touchant spectacle, et le peuple dut en recevoir une grande leçon. Il apprit que les rois ont une conscience, qu’ils ont un maître dans le ciel, qu’ils doivent trembler au jugement de Dieu. »

« Ces actes d’humiliation étaient aussi une réparation envers le malheureux Naboth. Ils proclamaient son innocence; ils témoignaient que Dieu est le vengeur du mal. »

« Mais voici toujours la grande question: Cette repentance était-elle sincère? — Oui, car elle exprimait la terreur, les regrets, le désir d’apaiser Dieu et de détourner ses jugements. Non, car elle n’était pas accompagnée de foi, de conversion, de changement de vie; elle ne ressemblait pas à celle de Pierre mais à celle de Judas, qui, tout effrayé, s’écriait: « J’ai trahi le sang innocent ! » et qui pourtant ne se convertit pas. »

« La repentance d’Achab ressemblait à celle de tant de pécheurs qui, dans une maladie, devant une scène de mort, s’écrient : — Ah! si la santé m’est rendue, si je ne meurs pas à vingt ans, je me tournerai vers Dieu, je vivrai d’une vie nouvelle. — Quand il survient une tempête, on voit souvent sur un vaisseau les gens jusque-là les plus légers, les plus jureurs, trembler, se jeter à genoux, implorer la miséricorde de Dieu. Cela est bien, et dans un sens cela est sincère; mais pourtant si, dès que la tempête est passée et qu’ils sont rentrés au port, ils retournent au mal et oublient toutes leurs résolutions, alors leur repentance n’avait pas été vraie. »

« Je pourrais vous citer bien des professions de repentir sur des lits de maladie dont j’ai été témoin comme pasteur; puis quand le danger disparaissait, quand la santé revenait, tout semblait oublié, et le péché reprenait son empire. Un vieux médecin de Genève, qui avait connu le docteur Tronchin; médecin de Voltaire, me racontait (j’étais encore un petit garçon, mais je ne l’ai jamais oublié) ce qui s’était passé dans les derniers moments de ce grand homme. Il tremblait au point que le tremblement se communiquait à la chambre voisine, et il était dans des angoisses inexprimables. »

« Ainsi donc la repentance d’Achab était sincère en un sens et pas dans l’autre; sincère comme la terreur des impies et celle des démons qui ont la foi mais qui tremblent; non sincère en tant qu’elle était sans foi, sans amour, sans sainteté. »

« Mais alors comment Dieu paraît-il l’avoir pour agréable? Parce qu’Achab s’est humilié devant moi, dit l’Eternel, je n’amènerai point ce mal en son temps : ce sera seulement aux jours de son fils que j’amènerai ce mal sur sa maison. Chers enfants, pour bien comprendre ce fait et beaucoup d’autres semblables, il faut vous rappeler un principe que tout l’Ancien Testament nous manifeste, et qui jette aussi une grande lumière sur les voies de la Providence envers les nations. Je vous l’ai déjà exposé plus d’une fois, mais je veux y revenir un moment. »

« Ce principe c’est que Dieu, dans le gouvernement de sa providence envers les peuples, punit les péchés nationaux par des punitions nationales, et récompense les bonnes actions nationales par des bénédictions nationales. Si un peuple honore son culte, répand son Évangile, encourage par de bonnes lois la moralité, la crainte de Dieu et le respect de sa Parole; si, dans les calamités, les dangers et les guerres, ce peuple met sa confiance en Lui; si dans les temps d’épreuve il jeûne, il s’humilie, alors Dieu vient au secours de ce peuple, Dieu le délivre, Dieu lui envoie des prospérités auxquelles tous ont part, les injustes et les justes, les méchants et les bons. »

« Et de l’autre côté, si un gouvernement persécute la religion, rend des lois impies, favorise l’immoralité, manifeste du mépris pour Dieu et sa Parole, alors Dieu châtie cette nation; elle est vaincue par ses ennemis, elle est appauvrie, elle est humiliée; et ces châtiments tombent sur tous, les bons et les mauvais, les justes et les injustes. »

« C’est ainsi que quand David eut péché, Dieu lui dit de choisir entre trois fléaux, la guerre, la mortalité ou la famine, et chacun de ces fléaux devait tomber sur tout son peuple aussi bien que sur lui-même. Voilà le principe, et en voici l’explication : elle est bien simple et les plus petits peuvent la comprendre. Les nations ne vivent que sur la terre; leur existence finit ici-bas; il n’y aura plus de république de Genève dans l’éternité ni de royaume de France ou d’Angleterre. Il faut donc, si Dieu veut montrer son amour du bien, sa haine du mal, sa justice, sa providence, sa fidélité, il faut qu’il récompense les bonnes actions de ces nations, dès cette terre, par des bénédictions nationales; il faut qu’il punisse les péchés de ces nations par des châtiments nationaux. Et s’il y a des innocents qui souffrent dans ces châtiments nationaux, et des méchants qui profitent de ces bénédictions nationales, croyez-vous qu’il y ait là une objection contre la justice de Dieu? Oh! non, car pour les individus tout ne finit pas ici-bas comme pour les nations. S’il ne doit pas y avoir de peuple de Genève dans l’éternité, il y aura tous les Genevois, hommes, femmes et enfants; et c’est alors que « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. » Si un homme méchant a eu des prospérités sur la terre, cela ne l’empêchera pas d’être condamné; et si un homme pieux a eu des calamités sur la terre, ses souffrances ne sont rien en comparaison des joies qu’il goûtera, « là où toute larme sera essuyée, » là où « une joie éternelle sera sur la tête des rachetés, » là où il y aura « des plaisirs pour jamais, car les souffrances du temps présent ne sont point à comparer avec la gloire à venir.»

« Dieu, dans le gouvernement extérieur des peuples, veut nous donner une image et un gage de son gouvernement intérieur des âmes et de son divin caractère. IL veut nous montrer, par ses voies envers la piété extérieure dans le temps, ce qu’il fera pour la piété intérieure dans l’éternité. Il montre aux nations, par des actes généraux de sa providence, qu’il aime la justice, qu’il hait l’iniquité, qu’il favorise les humbles, qu’il se laisse toucher par les prières, qu’il accomplit ses promesses, qu’il protège ceux qui s’appuient sur Lui. Vous voyez, chers enfants, par cet exemple d’Achab, combien, ne fût-ce que par amour de leur patrie, tous les bons Genevois doivent tenir à ce que la religion soit honorée dans notre patrie, à ce que Dieu soit servi et glorifié, à ce que ses jugements soient détournés par l’humilité et la justice, à ce que la gloire soit rendue nationalement à Jésus-Christ, à sa Parole et à sa vérité. »

source : Louis Gaussen, « Leçons sur les prophètes Élie et Élisée »

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Voir aussi :

Livres électroniques gratuits : ouvrages de (François Samuel Robert) Louis Gaussen (1790-1863)

2 Rois 4:1-7

2 Rois 4:1-7 (2e partie)

2 Rois 4:1-7 (3e partie)

2 Rois 5:1-19

2 Rois 5:20-27

2 Rois 13:1-25

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