1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (8e partie)

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Voir aussi:

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (1re partie)

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (2e partie)

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (3e partie)

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (4e partie)

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (5e partie)

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (6e partie)

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (7e partie)

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DoctrinesDemons« Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, 2 par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, 3 prescrivant de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. » (1 Timothée 4:1-3)

Puisque l’identité des « démons » associés aux « doctrines de démons » est selon moi la clé d’interprétation de ce passage, je voulais ajouter un article plus détaillé que le précédent concernant l’identité de ces « démons ». Je vais vous citer des paragraphes écrits par le pasteur et auteur huguenot, Pierre Jurieu:

Saint Paul continuant de dépeindre le futur empire antichrétien dit, que cette apostasie sera à l’Esprit de séduction, s’adonnant aux esprits abuseurs. Il est fort indifférent que par les esprits abuseurs, ou les esprits d’erreur, comme on lit en plusieurs exemplaires, on entende des hommes ou des esprits séparés de la matière [c’est-à-dire les anges déchus]: car l’un et l’autre forme un vrai sens. Il est vrai que l’apostasie antichrétienne s’est formée, par la séduction de [certains hommes] qui entêtés d’une fausse dévotion ont séduit les autres et par leurs exemples, et par leurs méchantes raisons. Cependant j’incline davantage à croire que par les esprits abuseurs, il faut entendre les malins esprits# [c’est-à-dire les anges déchus], qui ont été les premiers auteurs, premièrement du culte des reliques, ensuite de l’invocation des saints, et enfin de l’adoration de leurs images. C’est la voie par laquelle la superstition a commencé à s’établir, savoir ces visions par lesquelles les reliques ont été découvertes. Nous apprenons de Saint Augustin que les corps des martyrs Gervais et Protais, furent découverts par Saint Ambroise à la faveur d’un songe, « dans le même temps Dieu révéla à ce saint évêque en songe en quel lieu reposaient les corps des martyrs Gervais et Protais, qui depuis plusieurs années étaient gardés dans le secret de Dieu, et conservés exempts de corruption, afin qu’ils fussent découverts pour arrêter la fureur d’une femme qui était impératrice et mère de l’empereur. » Je ne veux pas faire à Saint Ambroise le tort de l’accuser d’avoir supposé cette vision pour tromper le peuple … afin de faire triompher le parti du consubstantiel sur l’arianisme. Mais ce qui est certain, c’est que ce fut un esprit trompeur [c’est-à-dire un ange déchu] qui abusa Saint Ambroise, et qui lui découvrit ces reliques pour en faire des idoles, parce qu’en ce temps-là on commençait à abuser des reliques des saints. Les miracles## lesquels furent faits par les reliques; où sont des contes fabuleux d’hommes imposteurs, ou des productions de celui qui est le père de mensonge. Saint Augustin dit que, les possédés [c’est-à-dire les démoniaques] étaient délivrés. Outre que la plupart des possédés de ces siècles étaient des mélancoliques: il n’est pas mal aisé de concevoir que le diable a dû faire ce jeu pour établir l’idolâtrie naissante. Il ne pouvait moins faire que de sortir d’un corps, feignant y être forcé par la vertu des reliques et par le mérite d’un saint. Un aveugle recouvra la vue pour avoir porté à ses yeux un linge qui avait touché le cercueil des martyrs. Le peuple par sa crédulité fait tous les jours de ces sortes de miracles. Saint Augustin en avait sa bonne part, de cette crédulité. Mais quand cela serait vrai: le diable peut faire des choses bien plus difficiles que celle de rendre la vue à un homme qui a été quelque temps sans voir. Au reste Dieu qui voulait que Ses arrêts s’accomplissent lâcha la bride à l’esprit d’illusion. On n’a qu’à suivre l’Histoire de l’Église et celle des Saints de légendes; et l’on y verra par tout de ces songes, de ces visions, de ces apparitions d’âmes, des saints qui parlent, la Vierge Marie qui apparaît à ses dévots; le tout pour appuyer, non les dogmes du christianisme, mais l’invocation des saints, l’adoration de la Vierge, l’adoration des images, la messe, le purgatoire, et les autres parties de l’abomination antichrétienne. Et cette source de séduction a été ouverte; en partie par des esprits abuseurs d’entre les hommes, de méchants superstitieux, des prêtres et des moines; en partie par les esprits malins, qui tournent incessamment autour des hommes pour les tromper et leur faire illusion.

# si on avait à penser que les « esprits trompeurs » comme représentant les esprits mauvais (anges déchus), ne serait-ce pas redondant et inutile de dire ensuite « doctrines de démons » si on devait aussi penser que les « démons » représentent les mêmes entités? Moi, je crois, que pour bien comprendre l’accomplissement exact de cette prophétie, il ne faut pas ici confondre les « esprits trompeurs » avec les « démons »; étant donné que des hommes appelés « conteurs de mensonges » et « hypocrites » sont mentionnés après la mention des « doctrines de démons » comme instruments pour faire apostasier des croyants et étant donné que ça serait redondant de mentionner « hommes trompeurs » avant et après la mention des « doctrines de démons », je crois que les « esprits trompeurs » mentionnés avant les « doctrines de démons » représentent les esprits mauvais; cette apostasie est à la fois apportée par l’activité des esprits mauvais (monde spirituel) et de faux enseignants (monde physique) et ça concorde bien avec 2 Thessaloniciens chapitre 2 qui nous parle de l’homme de péché (fils de perdition) et de la puissance de Satan l’accompagnant; Satan n’a-t-il pas ses ministres parmi les hommes (2 Corinthiens chapitre 11)?

## « L’apparition de cet impie se fera, par LA PUISSANCE DE SATAN, avec TOUTES SORTES DE MIRACLES, de signes et de PRODIGES MENSONGERS, 10 et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu ‘ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. » (2 Thessaloniciens chapitre 2, versets 9 à 10) ; avant l’arrivée de Benny Hinn et bien d’autres imposteurs (ex. William Branham) parmi les pentecôtistes plus extrêmes, quelle église apostate avait pendant des siècles utilisé des faux miracles pour appuyer ses fausses doctrines?

Le dernier caractère de la religion antichrétienne exprimé ici c’est la doctrine des diables ou des démons, s’adonnant à des esprits abuseurs et aux doctrines des démons. L’opinion commune est que par les doctrines des diables ou des démons, il faut entendre des doctrines dont le diable est l’auteur et l’inventeur%; et qui portent un caractère diabolique. Joseph Mede a fait là-dessus une conjecture nouvelle et dont je crois qu’on lui est redevable. Il entend par les démons non ces esprits malins [c’est-à-dire les anges déchus] … mais ces esprits que les païens& ont adoré comme des médiateurs###, entre Dieu et les hommes, qu’ils appellaient effectivement démons dans leur théologie. Car alors le mot ne se prenait pas en mauvaise part, et les démons étaient proprement dans la religion païenne les seconds dieux soumis aux grands dieux. Par la doctrine des démons, il entend une doctrine dont les démons sont l’objet et non les auteurs. Et le sens est, selon lui, que les hommes dans la religion antichrétienne renouvelleront la théologie et le culte de ces esprits médiateurs qu’on appellait des démons; que le paganisme sera introduit dans la religion de Jésus-Christ; qu’on y établira un second ordre de divinités, outre les trois adorables personnes de la Trinité: que l’on invoquera des hommes morts dans ce nouveau paganisme, tout de même que l’on faisait dans l’ancien; qu’on honorera leurs reliques, qu’on leur érigera des statues, qu’on leur consacrera des images, lesquelles on adorera: qu’on leur bâtira des temples, et qu’on fera des sacrifices à leur honneur; qu’on renouvellera les apothéoses ou canonisations: qu’on feindra des miracles faits par les images et par ces demidieux … qu’on feindra que Dieu vient habiter ici bas dans du pain consacré, tout de même que dans l’ancien paganisme on feignait que les dieux par la vertu de la consécration venaient habiter dans leurs simulacres.

% si par « doctrines de démons » nous devons principalement entendre « doctrines inventées par Satan et les anges déchus », ça serait difficile d’identifier l’apostasie ou les apostats puisque Satan a inventé bien des fausses doctrines et des fausses religions à travers les siècles; est-ce qu’une telle interprétation serait cohérente avec le Saint Esprit parlant EXPRESSÉMENT, c’est-à-dire CLAIREMENT? Je crois que cette prophétie importante est très précise et nous identifie les plus importants apostats et que s’il y a un manque de compréhension c’est en raison de la paresse et d’un manque d’étude et de méditation de la Parole de Dieu; le problème n’est jamais avec la Parole de Dieu

& n’oublions pas que Paul s’adressait à Timothée, qui était racialement mi-Juif et mi-Gentil; vivant en Asie Mineure et oeuvrant pour le Seigneur dans la ville d’Éphèse où il y avait beaucoup d’idolâtrie, Timothée devait bien savoir ce qu’était un « démon » selon la pensée païenne; les chrétiens à cette époque vivaient au sein d’un empire ouvertement polythéiste et idolâtre

### n’est-ce pas intéressant que c’est dans cette même épître qu’on retrouve la plus claire déclaration dans la Bible affirmant que Christ est le SEUL MÉDIATEUR entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2:5)? Les doctrines des démons/médiateurs attaquent cette doctrine fondamentale de la foi chrétienne.

Quelque interprétation que l’on suive, il est certain que l’on y trouve l’antichristianisme. Il est composé de doctrines véritablement diaboliques et qui ont les démons pour auteurs. C’est une doctrine des démons que celle qui a établi ce tyran dans l’Église, lequel y a exercé tant de fureurs; qui prétend être le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs de la terre; qui s’élève au-dessus de tout ce qui s’appelle Dieu: qui dit qu’il ne peut être jugé de personne, mais que quand il mènerait les hommes aux enfers en foule on le doit laisser faire et attendre que Dieu le juge. C’est une doctrine qui a le démon pour auteur, que celle qui établit d’autres objets d’adoration que Dieu, qui donne des compagnons à Jésus-Christ et d’autres sauveurs aux fidèles. Il n’y a que le démon qui puisse avoir inspiré aux chrétiens la pensée d’adorer des images et de rappeller le paganisme enseveli. C’est le démon père de mensonge qui a formé le monstre de la transubstantiation, qui a fait le profane sacrifice de la messe, et qui d’un sacrement en a fait une misérable idole, et ainsi à s’en tenir à l’opinion commune la véritable religion n’y perdra rien.

Cependant, j’avoue que je me suis déterminé pour le sens de Joseph Mede. Ce n’a pas été sans balancer et j’ai longtemps cru que cette interprétation était beaucoup plus ingénieuse que solide. Mais après y avoir bien pensé, j’ai jugé tout le contraire et en voici les raisons:

1) C’est premièrement, que cette construction, doctrines des démons, ne signifie pas plus naturellement que la doctrine dont il s’agit a les démons pour auteurs, que pour objet. Car il est certain que dans toutes les langues, il y a équivoque, en ces sortes de propositions. Nous disons l’amour de Dieu pour signifier l’amour dont Dieu est l’objet, plus naturellement que pour signifier l’amour dont il est l’auteur. Nous disons la science des corps pour signifier la science dont les corps sont les objets … un traité des anges, pour dire non un livre fait par les anges mais qui parle des anges. La même équivoque et le même usage se rencontrent dans les livres sacrés. Au 6e chapitre de l’épître aux Hébreux, l’Apôtre parle, de la doctrine des baptêmes, c’est-à-dire de la doctrine qui a le baptême pour objet. Saint Luc dit que le Proconsol Sergius fut tout épouvanté de la doctrine de Seigneur, c’est-à-dire de la doctrine qui traite du Seigneur. La foi du Fils de Dieu, et la foi de Son nom: c’est la foi, non qui a Jésus-Christ pour auteur, mais pour objet. Et déjà voici un point gagné, c’est que la grammaire ne peut faire aucun obstacle à cette interprétation.

2) Ma seconde raison, c’est qu’on l’explique comme on voudra, je suis persuadé que par la doctrine des diables ou des démons, est entendue l’idolâtrie que l’antéchrist devait rétablir dans l’Église. Car c’est là ce qui distingue cette religion, de la religion chrétienne, c’est ce qui la rend abominable. On dit qu’il y a dans le papisme quelque chose qui n’est pas moins abominable que son idolâtrie, c’est l’usurpation de la puissance de Jésus-Christ par le pape. Je l’avoue. Mais outre que cette usurpation est jointe à l’idolâtrie, puisque l’on fait du pape une idole, je dis qu’il y a dans l’antichristianisme un empire et une religion. L’empire est diabolique, tyrannique, antichrétien; et peut bien être appellé empire des démons, comme les ayant pour auteurs. Et c’est sous cet égard d’empire et de tyrannie, que Saint Paul considère principalement l’antichristianisme dans le 2e chapitre de la 2e épître aux Thessaloniciens. Car il y représente le chef de cet empire comme un tyran qui s’assied sur le trône de Dieu, et qui devait occuper l’empire quand celui qui le tenait alors serait abattu. Il est vrai qu’il le considère aussi un peu comme religion; car il l’appelle un mystère, et il dit, qu’il s’établira par de faux signes et de faux miracles. Mais dans ce quatrième chapitre de la première épître à Timothée, il considère l’antichristianisme purement comme religion, et non comme empire. C’est pourquoi il ne parle que d’apostasie, d’esprits abuseurs et de doctrines. Or dans le papisme, en tant que c’est une religion, ce qu’il y a de plus abominable, c’est sans doute son idolâtrie, ce ne sont pas ses hérésies: et par conséquent c’est qu’il faut entendre ici par la doctrine des diables ou des démons. Car l’Apôtre veut désigner par là ce qu’il y a de plus criminel dans le papisme. Puis donc qu’il faut nécessairement entendre par ces termes, doctrine de démons, l’idolâtrie antichrétienne, pourquoi ne pas croire que l’Apôtre Saint Paul l’appelle ainsi, par allusion, et par comparaison avec la religion et la théologie païenne?

Je viens de donner une distinction que je souhaite qu’on remarque parce qu’elle est de grand usage pour l’intelligence des prophéties de l’Apocalypse au sujet de l’état de l’Antéchrist. C’est que le Saint Esprit en parle tantôt comme d’une religion, et tantôt comme d’un empire. Il le considère beaucoup plus souvent, à la vérité, sous l’idée d’un empire que sous celle d’une religion. Dans les chapitres 13, 14, 16, 17 et 18 de l’Apocalypse, où l’antichristianisme est représenté comme une bête à deux cornes, ou à sept têtes et dix cornes, et comme une vlle appelée Babylone, c’est sous l’idée d’un empire. Car, dans les visions prophétiques, les bêtes signifient toujours des rois et des empires. Mais dans l’onzième chapitre, l’antichristianisme est représenté comme religion, car il est appellé paganisme, et il est figuré sous l’image d’un temple profané. Jette hors le parvis qui est hors du temple et ne le mesure point, car il est donné aux Gentils : dans les lieux où il est peint comme une [prostituée], où il est parlé de la coupe de ses abominations, et où il est dit qu’il séduira les habitants de la terre, par les signes qu’il fera, il est considéré comme religion: parce que le culte, l’idolâtrie, les miracles et les signes appartiennent à la religion.

3) … le Saint Esprit [représentant] la religion antichrétienne comme un paganisme m’est une nouvelle raison qui me persuade que dans le texte de Saint Paul dont il s’agit, il faut entendre par la doctrine des démons, celle dont les démons sont l’objet. Car je regarde ces deux textes comme parallèles, celui de l’Apocalypse, le parvis de dehors [du « temple de Dieu »] est donné aux Gentils. Et celui-ci, l’apostatie du Fils de perdition sera une doctrine des démons. Or il est certain que dans le texte de l’onzième de l’Apocalypse est précisément entendu le paganisme, la théologie païenne, et le service païen qui ont été introduits dans la religion chrétienne: et par conséquent ici, par les doctrines des démons, il faut entendre, la religion païenne, qui adorait les démons, ou l’antichristianisme qui s’est fait une religion toute semblable, en adorant de nouveaux démons.

4) Mais la principale raison qui me persuade absolument c’est l’événement qui est toujours le meilleur, ou pour mieux dire l’unique interpète des prophéties. Une chose est certaine, c’est qu’il y a une parfaite conformité entre la théologie et le culte de l’ancen paganisme, et la religion antichrétienne du papisme. Cela ne s’est point fait par hasard: Dieu l’a permis, Dieu l’a prévu, et sans doute Dieu l’a prédit. Car il n’y a pas d’apparence qu’ayant pris le soin de marquer dans les prophéties des événements incomparablement moins considérables, IL eut oublié celui-ci. Il est vrai qu’on peut dire que la prophétie s’en trouve dans ces paroles de l’Apocalypse: Le parvis de dehors [du « temple de Dieu »] sera livré aux Gentils, et dans les lieux où la religion antichrétienne et papiste est comparée à un adultère, et l’Église corrompue à une [prostituée]. Mais le premier me paraît trop obscur, et le second trop général. Je ne saurais croire que Dieu n’ait laissé quelque oracle plus clair et moins général pour prédire cette admirable conformité qui est entre le culte de l’ancien paganisme et celui de l’antichristianisme. Or ce texte plus formel et plus clair que les autres, je ne les trouve pas ailleurs.

Pour mettre cette dernière preuve dans toute sa force, il faut voir quelques articles de cette conformité. On les a pu voir déjà dans les deux chapitres de la seconde partie de nos préjugés, où nous avons fait voir la conformité du papisme et du paganisme. Mais afin qu’on n’ait pas la peine de sortir d’ici pour trouver la preuve de cette vérité, que le culte des démons entre les païens, et celui des saints dans le papisme est semblable, nous la mettrons ici en abrégé.

La théologie païenne sur les bons démons, se rapportait à ces articles : a) ils disaient qu’outre les grands dieux, il y avait des divinités inférieures, qui recevaient toute la puissance des dieux supérieurs, b) les divinités inférieures étaient ou des héros consacrés et des âmes déifiées, ou des esprits naturellement et originellement séparés de la matière, c) leur office était d’être médiateurs entre les hommes et les grands dieux, pour exécuter les ordres de ceux-ci en faveur des hommes, et porter les prières des hommes à ces dieux supérieurs, d) à l’honneur des uns des autres, c’est-à-dire des démons ou esprits, tant ceux qui étaient les âmes consacrées, que ceux qui étaient naturellement séparés de la matière, on faisait des simulacres, on bâtissait des temples, et par la vertu de la consécration, on les faisait venir habiter dans les simulacres et dans les temples, e) outre cela, ils adoraient et vénéraient les cendres et les reliques de leurs héros. C’est à quoi se réduisait la théologie des démons païens.

Premièrement, ils tenaient des divinités inférieures, qui étaient infiniment au-dessous des grands dieux. C’est une chose si connue, qu’elle n’a pas besoin de preuves. Ils appellaient les grands dieux, Dii superi, Dii caelestes, les dieux souverains, les dieux célestes. Ils plaçaient ces dieux dans les astres, comme des âmes dans les corps; c’est pourquoi les Grecs les ont appelés, theoi courants : Comme toujours marchants, et toujours courants, ainsi que le dit Platon dans le dialogue intitulé, Cratylus. Ces dieux étaient si fort au-dessus des autres, que même il les croyaient seuls immortels; car le même Platon dit quelque part, que les dieux inférieurs n’étaient pas immortels de leur nature. Ils appellaient ces dieux inférieurs démons, et ils attribuaient à Zoroastre cette distinction. Ceux-là, dit Plutarque, semblent avoir levé de grandes difficultés, qui ont établi l’espèce d’esprits appelés démons, entre les dieux et les hommes. Ils ont trouvé que ce sont ces démons qui nous unissent avec les grands dieux, et qui nous les concilient; soit que cette doctrine vienne des mages et de Zoroastre; soit qu’elle ait tiré son origine de Thrace, par Orphée, soit d’Égypte, soit de Phrygie.

Le papisme reconnaît la même distinction: et il ne faut pas qu’il nous dise, qu’il ne pose qu’un Dieu souverain, et point de dieux inférieurs; car les saints sont ses véritables divinités inférieures. … Les païens mettaient la même différence entre leurs grands dieux et leurs dieux inférieurs, que le papisme met entre Dieu et les saints. Car les dieux supérieurs étaient tout puissants et éternels, et les autres avaient été créés par les grands dieux, ils n’agissaient que sous leurs ordres, et n’étaient pas immortels de leur nature. Les papistes ne sauraient établir une plus grande distinction entre Dieu et les saints, que celle-là.

Les dieux supérieurs des païens, selon eux, étaient si célestes, si sublimes et si purs, qu’ils ne pouvaient par eux-mêmes avoir aucun commerce avec les hommes, ni s’abaisser#### jusqu’au soin des affaires humaines, pour les gouverner immédiatement et par eux mêmes. C’est pourquoi ils établirent le genre des démons, pour être comme des médiateurs et des agens entre les dieux souverains et les hommes mortels, disait Platon. Dieu ne se mêle point avec les hommes, disait-il encore, mais tout le commerce entre Dieu et les hommes, se fait par la médiation des démons : les démons sont des messagers et des interprètes, qui viennent de la part des dieux vers les hommes, et qui vont de la part des hommes vers les dieux. Ils apportent aux hommes les présents des dieux, et aux dieux les prières et les hommages des hommes. Si l’on veut voir cette théologie plus étendue, on la peut trouver dans le livre de Plutarque de defectu oraculorum. Dans celui d’Appulée de Deo Socratis. Dans Jamblichus de mysteriis, et surtout dans Saint Augustin, au 8e livre de la cité de Dieu, avec les notes de Louis Vives.

#### n’est-ce pas intéressant que dans la même épître Paul avait clairement déclaré que « Jésus-Christ [qui est Dieu le Fils et le Créateur de toutes choses] EST VENU DANS LE MONDE pour sauver les pécheurs » et que Dieu « a été manifesté EN CHAIR » ? Ces vérités bibliques contredisent à la fois la doctrine païenne des « démons » (médiateurs) et le gnosticisme. 1 Timothée 4:1-3 = apostasie associée à l’Antichrist à venir qui devait aussi nier d’une façon subtile que Christ est venu EN CHAIR. Jésus-Christ, à la fois parfaitement Dieu et parfaitement homme, est le SEUL MÉDIATEUR entre Dieu et les hommes. Il n’y pas de place pour d’autres médiateurs car étant Dieu, Jésus-Christ est parfaitement capable de faire ce travail seul sans aucune aide nécessaire. Pourquoi comme Médiateur le Créateur aurait-IL besoin de l’aide de serviteurs inutiles (Luc chapitre 17) qui n’existent qu’en raison de Sa puissance et de Sa volonté?

Or une goutte d’eau n’est pas plus semblable à une autre goutte que cette théologie païenne, à la théologie du papisme. Dieu et Jésus-Christ disent-ils qui sont nos grands Dieux*, sont trop sublimes pour nous adresser droit à eux. Il nous faut des médiateurs, qui soient plus de notre rang. Les âmes des Saints et les Anges font cet office. Ils sont les interprètes de nos pensées et de nos besoins devant Dieu: et ils reçoivent la commission de nous bien faire et de nous servir. C’est pourquoi on leur adresse des prières. C’est pourquoi on attend d’eux des guérisons, et des délivrances. C’est pourquoi enfin on se met sous leur protection.

* Pierre Jurieu n’est pas en train d’enseigner le trithéisme ou le polythéisme; il est un trinitaire convaincu et il avait justement écrit un livre défendant la doctrine biblique de la Trinité; ne prenons pas ses paroles hors contexte; il est évident qu’il utilise ce langage ici pour établir le lien dans la pensée du lecteur entre les doctrines des démons du paganisme et les doctrines des démons du catholicisme romain

Dans la théologie païenne, les esprits médiateurs étaient de deux sortes. Les uns étaient des âmes humaines, et les autres des intelligences séparées. Le plus ancien des Grecs, où l’on voie expressément cette déification des âmes, c’est Hésiode qui dit, que par le conseil de Jupiter, les grands hommes après leur mort, sont établis gardiens et patrons des hommes mortels, inspecteurs de leurs bonnes et mauvaisea oeuvres, distributeurs des richesses, et qu’en cela consiste leur dignité royale. C’est pourquoi dans la suite on a appelé cette espèce de dieux, les dieux d’Hésiode. Platon a entièrement aodpté cette théologie. Et Eusèbe cite de ce philosophe ces paroles touchant les Héros, « nous les servirons désormais et nous adorerons leurs sépulcres comme des démons, suivant l’avertissement de l’oracle ». Ceux qui ont la plus lègère teinture de la THÉOLOGIE PAIENNE et de son histoire savent cela, que LA PLUPART DE LEURS DIEUX ÉTAIENT DES HOMMES DÉIFIÉS. Eux-mêmes n’en n’ont fait aucun mystère, on le peut voir dans le livre de Plutarque, sur ce que les oracles avaient cessé. Les lois de l’ancienne Rome sont formelles et remarquables là-dessus : que l’on ait à adorer les saints, tant ceux qui ont toujours été estimés, les bienheureux habitants du ciel, que ceux qui par leurs mérites ont été élevés au ciel. Voici une autre loi romaine semblable : que les droits des dieux Manes soient inviolables, et qu’on les répute saints après leur mort. N’y a-t-il pas une providence admirable en ceci, que la nouvelle Rome** ait rétabli les mêmes lois presque en mêmes termes? Et qui pourrait douter après cela, que Rome antichrétienne n’ait renouvellé la doctrine des démons de l’ancienne Rome?

** faisant référence à Rome catholique

Mais outre ces hommes devenus démons, cette théologie païenne en reconnaissait d’autres qui avaient toujours été tels et qui n’avaient jamais été hommes. Tout ce que nous avons de monuments du paganisme sont pleins de cette théologie. Apulée l’exprime en ces termes : Il y a une autre sorte de démons supérieurs et plus augustes, qui étant libres des liens et dégagés des chaînes du corps ont reçu chacun une certaine force et puissance particulière. C’est de cet ordre de démons supérieurs que Platon a pris ces démons, dont il croit que chaque homme en a un pendant toute sa vie, pour témoin de ses actions*** et pour gardien. Comment pourrait-on ne pas apercevoir cette parfaite conformité entre la théologie païenne et la théologie papiste? Précisément comme les païens, les papistes font deux ordres d’esprits qui sont les médiateurs et les protecteurs des hommes : des âmes humaines ou des saints glorifiés, et des anges**** naturellement séparés de la matière. Les païens prenaient les gardiens du nombre des démons qui n’avaient jamais été hommes : les papistes assignent à chaque homme un esprit gardien, mais il est pris de l’ordre des anges : ils l’appelle l’ange gardien, et chaque dévot se recommande à son ange gardien, quand il entreprend quelque chose ou il y a du péril.

*** si ma mémoire est bonne, le Coran enseigne que 2 anges notent les actions pour chaque personne vivante

**** ne prenons pas les paroles de Pierre Jurieu hors contexte; il ne dit pas qu’il n’y a pas des anges; il est en train de critiquer les fausses doctrines catholiques concernant les anges

Les païens pour se rendre ces démons ou ces demi-dieux favorables, leurs élevaient des simulacres et leur faisaient des images. … Ils consacraient ces images, et se persuadaient que par la vertu de cette consécration, les dieux spirituels venaient habiter dans cette matière à laquelle on avait donné une figure. Les ouvriers des simulacres, disait Tertullien, donnent des corps aux démons. On peut voir cette théologie bien distinctement exprimée dans un dialogue intitulé Asclepius, attribué à Hermes Trimégiste, et qui au moins est de quelque antiquité, et a été de quelque considération entre les païens: puis qu’Apulée s’est donné la peine de le traduire en latin. C’est une merveille, dit-il, qui surpasse toute autre merveille, que l’homme ait trouvé moyen de faire des dieux. Nos ancêtres se sont fort trompés par incrédulité touchant les dieux et ont eu peu d’égard à la religion et à la pureté du service divin. Ils inventèrent un art de faire des dieux : parce qu’ils ne pouvaient faire des âmes, et les joindre à ces corps insensibles, ils appelèrent les âmes des démons et des anges, pour les mettre dans leurs images et dans les saints mystères, par lequel moyen ces images acquirent la puissance d’aider ou de nuire. Voila le papisme tout pur. Il a beau dire qu’il ne croit aucune vertu dans les images, il est pourtant vrai 1) que dans le papisme une image qui n’a pas été consacrée, selon le cérémoniel, ne peut pas être exposée à la dévotion publique des peuples, 2) que les images non consacrées sont réputées de nulle vertu, au lieu que celles qui ont passé par la consécration font souvent des miracles, ou les saints et saintes font des miracles par elles. Mais si l’on veut quelque chose qui soit encore plus semblable à la doctrine des païens touchant la force des consécrations, pour attirer les dieux dans les simulacres, on le trouvera dans la doctrine de la transubstantiation et de la présence réelle; comme les païens croyaient par leurs invocations, attirer leurs dieux dans leurs bronzes et leurs marbres, ainsi le papisme par la vertu de la consécration attitre son Dieu dans un morceau de pain et l’y enferme.

Les anciens païens se défendaient là-dessus, tout de même que nos nouveaux païens [c`est-à-dire les catholiques romains]. Vous vous trompez, disaient-ils, nous n’adorons ni le cuivre, ni l’argent, ni l’or, ni les autres matières, dont on fait les signes des dieux, etc. Mais dans ces signes, nous adorons et vénérons les dieux.

Enfin les païens adoraient et servaient les reliques de leurs morts et de leurs démons. C’était à l’honneur de ces morts, que se faisaient les fêtes …. et cent autres choses, dont nous avons montré ailleur la parfaite conformité avec les services du papisme pour les morts. Nous avons ouï Platon, rapporté par Eusèbe, nous disant, qu’il faut adorer les sépulcres des héros. Clément d’Alexandrie, Arnobe, Eusèbe, etc… nous apprennent, que les temples des faux dieux n’étaient que les tombeaux des héros. Et c’est précisément ce que le papisme imite; ses temples et ses autels sont garnis de reliques, et il croirait qu’un temple n’aurait pas tout ce qu’il lui faut, s’il n’y avait quelques os d’un saint sous l’autel.

VOILA CE QUI ME PERSUADE QUE L’APOTRE DÉSIGNE LE CULTE DU PAPISME PAR LA DOCTRINE DES DÉMONS. C’est cette parfaite conformité, qui se trouve entre l’ancienne doctrine des démons et la nouvelle. On ne peut, ce me semble, opposer autre chose que ceci : c’est que le nom de démon, dans l’Écriture Sainte ne se prend jamais en bonne part. Il signifie toujours ces esprits impies, qui séduisent les hommes en ce monde… Au lieu que les païens dans leur théologie, par les démons entendaient ces esprits bien faisants, qui sont les médiateurs du commerce qui est entre Dieu et les hommes. Joseph Mède répond à cela deux choses : la première que l’usage de ce mot, démon, dans le sens des païens, pour des dieux du second ordre, n’est pas inconnu aux écrivains du Nouveau Testament. Saint Luc dans le 17e chapitre du livre des Actes, introduit les Athéniens disant de Saint Paul qu’il est annonciateur de démons étrangers. Dans le même chapitre Saint Paul dit, qu’il avait trouvé les Athéniens, trop attachés au culte des démons. Dans le 9e chapitre de l’Apocalypse, Saint Jean dit que la plaie terrible arrivée sur les hommes n’empêcha pas qu’il n’adorassent les démons. Les gens dont il est parlé, qui partent de dessus l’Euphrate; gens à cheval au nombre de vingt mille fois dix mille, sont selon toutes les apparences, les Turcs. Et ceux qui ont affligés par cette plaie sont les chrétiens, auxquels est attribué d’adorer les démons parce qu’ils adoraient les saints et les anges.

C’est la seconde chose que répond Joseph Mede, qui est très certaine et très solide. Savoir que les païens sacrifiaient et rendaient leurs hommages aux esprits malins, et non comme ils prétendaient aux anges et aux esprits bien heureux, qui sont administrateurs sous Dieu. Parce que ces saintes créatures sont trop attachées au service de Dieu, et trop dans les intérêts de leur Grand Maître, pour s’arroger et recevoir aucun des hommages que les hommes leur voulaient rendre. Les païens servaient donc les bons génies dans leur intention, mais en effet les mauvais démons. Il en est de même des païens de l’empire antichrétien. Ils ont intention de servir les saints et les anges, mais ces esprits purs et bien heureux n’ont garde de recevoir un tel culte. Il ne va pas à eux qui le refusent, il ne va pas à Dieu, qui l’abomine. Il va donc aux démons, qui le prennent pour eux, et qui s’en réjouissent. Ainsi l’idolâtrie antichrétienne peut justement être appellée du même nom que l’idolâtrie païenne; car elles ont un même modèle, mêmes principes, mêmes cérémonies, et elles vont à l’honneur du même prince des ténèbres, duquel elles augmentent l’empire.

source:

Pierre Jurieu, « L’accomplissement des prophéties – Volume 1 » (Livre numérique Google)

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Voir aussi:

1 Timothée chapitre 4 : Les doctrines de démons (9e partie)

Accomplissements des prophéties bibliques : mes convictions personnelles

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