Après le Dimanche des Rameaux, c’est le « Lundi du Grand Ménage Ecclésiastique »

Giotto_-_Scrovegni_-_-27-_-_Expulsion_of_the_Money-changers_from_the_Temple« Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs. 9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vint au nom du Seigneur! 10 Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts! 11 Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze. 12 LE LENDEMAIN [après le Dimanche des Rameaux], après qu’ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. 13 Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s ‘il y trouverait quelque chose; et, s’en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. 14 Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l’entendirent. 15 Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; 16 et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. 17 Et il enseignait et disait: N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. » (Marc 11:8-17)

En honneur de la journée qui suit le Dimanche des Rameaux, que j’appelle « Le Grand Ménage Ecclésiastique du Lundi » ou « Le Lundi du Grand Ménage Ecclésiastique », j’ai décidé de présenter ici les contenus du traité « Religion d’argent » du pasteur Napoléon Roussel. Ce traité populaire (près de 100000 exemplaires vendus et au moins 6 éditions) présente d’abord la religion d’un groupe de vendeurs installés depuis plusieurs siècles dans la partie visible du Temple de Dieu de cette ère du Nouveau Testament et ensuite présente le véritable Évangile.

414px-Nucci,_Avanzino_-_Petrus'_Auseinandersetzung_mit_Simon_Magus_-_1620« Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, IL LEUR OFFRIT DE L’ARGENT, 19 EN DISANT: ACCORDEZ-MOI AUSSI CE POUVOIR, AFIN QUE CELUI À QUI J’IMPOSERAI LES MAINS REÇOIVE LE SAINT-ESPRIT. 20 MAIS PIERRE LUI DIT : QUE TON ARGENT PÉRISSE AVEC TOI, PUISQUE TU AS CRU QUE LE DON DE DIEU S’ACQUÉRAIT À PRIX D’ARGENT! 21 Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car TON COEUR N’EST PAS DROIT DEVANT DIEU. 22 REPENS-TOI DONC DE TA MÉCHANCETÉ, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton coeur te soit pardonnée, s ‘il est possible; 23 car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité. » (Actes des apôtres 8:18-23)

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Voici les contenus du traité:

RELIGION D’ARGENT

de Napoléon Roussel

Un riche Écossais, ennuyé du triste et froid climat de sa patrie, était venu s’établir dans un de ces riants villages qui bordent la Loire. Là, il vivait paisiblement au sein d’une nombreuse famille et mettait son plaisir à répandre, sur les habitants de ce hameau, autant de bienfaits que le lui permettait sa grande fortune. Aussi les paysans répétaient-ils sans cesse que cet hérétique, comme le nommait leur curé, faisait, lui seul, plus d’aumônes que n’en recueillaient toutes les collectes de l’église de leur paroisse. Le curé craignit que cette conduite généreuse, en gagnant les cœurs à ce protestant, ne diminuât d’autant leur amour pour la Sainte Église catholique. Il entreprit donc de prouver en chaire que tous les hérétiques, tant calvinistes que luthériens, sont condamnés, pour une éternité, aux flammes de l’enfer. Mais il comprit bientôt que tous ses arguments ne persuaderaient jamais aussi bien ses paroissiens que les libéralités du milord; aussi résolut-il de changer de batterie et de couper le mal par la racine; et voici le moyen qu’il imagina : il forma le projet de convertir l’Écossais à la foi de la Sainte Mère l’Église. Il lia, dans ce but, connaissance avec lui, et ne tarda pas à l’entretenir du danger que courait son âme et à le presser vivement d’entrer dans l’Église hors de laquelle il n’y a point de salut.

Le milord, soit pour un motif, soit pour un autre, esquiva longtemps la question. Mais enfin, un jour qu’ils se promenaient tous deux dans son jardin bordant le rivage, notre curé reprit sa conversation ordinaire et fut très étonné de l’entendre cette fois lui dire avec un sourire amical : « Eh bien, mon cher curé, voyons, parlez-moi un peu de votre religion, afin que je puisse avant tout bien la connaître. Tenez, asseyons-nous là, ajouta-t-il en lui montrant un banc de gazon sur le bord de la Loire, et causons ensemble. Il est encore de bonne heure, le soleil se lève, tout est paisible, nous n’avons pas à craindre d’être interrompus. Dites-moi donc d’abord, DANS VOTRE RELIGION CATHOLIQUE, APOSTOLIQUE ET ROMAINE, QUE FAUT-IL FAIRE POUR ÊTRE SAUVÉ? — Le Curé. D’abord, il faut recevoir le baptême. — Milord. Et combien en coûte-t-il pour être baptisé?-— Le Curé. C’est à la générosité du parrain; cependant ici le prix est fixé à 45 sous. — Milord. Bien; mais une fois le baptême reçu, que faut-il faire encore? — Le Curé. Il faut que l’enfant, parvenu à l’âge de raison, fasse sa première communion. — Milord. Et combien en coûte-t-il pour faire sa première communion? — Le Curé. Ce sera à votre générosité; et… — Milord. Il ne s’agit pas encore de moi; mais je vous demande seulement votre prix-courant; que vous donnent ordinairement vos petits villageois? — Le Curé. Hélas! quelquefois seulement un cierge d’une livre qui vaut à peine 3 francs 10 sous. — Milord. Bien; 45 sous pour être baptisé, 3 francs et 10 sous pour la première communion; poursuivez. Que faut-il faire encore pour être sauvé? — Le Curé. Jeûner aux Quatre-temps Vigiles, faire maigre le vendredi et le samedi de chaque semaine et pendant tout le carême. — Milord. Mais je vous avoue que nous, Anglais, nous sommes gros mangeurs, et surtout mangeurs de viande, en sorte que, pour ma part, il me serait très pénible de jeûner et de faire maigre; d’ailleurs ma santé… — Le Curé. Oh! dès que votre santé y est intéressée, on peut vous dispenser des jeûnes et du maigre. Je pourrais vous citer même l’exemple récent d’un pape qui, pour récompenser un généreux fidèle qui lui avait fait don d’une tiare de 6000 francs, lui accorda, sur parchemin, des titres signés, scellés et paraphés, lui octroyant le droit de faire gras toute sa vie lui et ses descendants mâles jusqu’à la fin du monde. — Milord. Je n’en doute pas; mais je n’ai pas de tiare à donner; je vous demande donc ce qu’on donne ordinairement pour faire gras pendant le carême? — Le Curé. Un écu de 6 francs. — Milord. Et pour les cinquante-deux vendredis et samedis, à proportion, n’est-ce pas ? — Le Curé. Sans doute. — Milord. C’est donc environ 15 francs par an, plus 6 francs pour le carême, cela fait 21 francs. — Le Curé. Vous oubliez les jeûnes. — Milord. C’est juste; mettons 10 francs; c’est donc, pour m’éviter les jeûnes et le maigre, 31 francs. Bien; 45 sous pour le baptême, 3 francs 10 sous pour la communion, 31 francs pour les jeûnes et le maigre. Ensuite? que demande encore votre Église? — Le Curé. — D’aller à la messe tous les dimanches. — Milord. Et qu’en coûte-t-il pour entendre commodément la messe? — Le Curé. Pour être commodément, vous pouvez louer une place dans le chœur : c’est 15 francs; ou bien la loueuse vous donnera une chaise chaque dimanche matin pour 1 sou, excepté les jours de grandes fêtes : alors elles valent jusqu’à 2 ou 3 sous. — Milord. C’est juste; ces jours-là les fidèles montrent plus d’empressement à venir à l’église, il faut leur en faciliter l’entrée en élevant le prix des sièges. Ainsi 1 sou par dimanche, cela fait 52 sous par an. Je compte 10 sous pour les chaises des fêtes solennelles, c’est donc la somme de 3 francs 2 sous par an. Que vous faut-il encore?— Le Curé. Il vous faut confesser au moins une fois l’an, je vous donnerai l’absolution de vos péchés, et il ne vous restera qu’à remplir la pénitence que je vous aurai imposée, comme, par exemple, de réciter cinquante Pater et cinquante Ave Maria.— Milord. Mais si, par hasard, j’oubliais de réciter mes Ave Maria et mes Paler, et qu’après un certain nombre de ces oublis, il me devint impossible de m’acquitter de toutes ces pénitences arriérées, je ne pourrais donc plus être sauvé? — Le Curé. Si, bien! vous auriez le moyen du tronc des indulgences, pour effacer de tels péchés. — Milord. Et que met-on dans le tronc des indulgences? — Le Curé. De l’argent.— Milord. Mais combien?— Le Curé. Nous ne savons pas ce qu’y dépose chaque fidèle; mais nous y trouvons quelques louis, un peu plus de pièces blanches, beaucoup de gros sous et encore plus de liards.— Milord. Eh bien, je prends le terme moyen et je note 12 francs pour mes pénitences. Mais à propos de tronc, dites-moi : j’en ai vu plusieurs dans votre église; que met-on dans tous? — Le Curé. De l’argent. — Milord. Dans celui contre la première colonne à gauche? — Le Curé. De l’argent; c’est pour l’entretien de l’église. — Milord. Et dans le tronc à droite? — Le Curé. De l’argent; c’est pour les indulgences du beurre et du lait pendant le carême. — Milord. Et dans le tronc en face de la chaire?— Le Curé. De l’argent; c’est pour le petit séminaire. — Milord. Et dans l’autre? — Le Curé. De l’argent; c’est pour la sainte chapelle de la Vierge.— Milord. Et dans l’autre? — Le Curé. De l’argent; c’est pour les frais du culte. — Milord. C’est très-bien entendu! Mais revenons. Que faut-il faire encore? — Le Curé. Au lit de mort, un bon catholique doit recevoir l’extrême-onction. — Milord. Et que demandez-vous pour cela? — Le Curé. Rien. — Milord. Comment! rien? Pas possible! — Le Curé. C’est que, voyez-vous, quand on reçoit l’extrême-onction, on n’est pas loin de la mort, et alors vient l’enterrement. — Milord. Ah! je comprends, on paie tout ensemble : et combien l’enterrement? — Le Curé. Oh ! ici, impossible de vous répondre d’une manière précise. Voulez-vous un, deux, trois, quatre prêtres? C’est 20 francs pièce. Voulez-vous la grande croix d’argent en tête? C’est 15 francs de plus. Préférez-vous celle en or? C’est 30 francs : avec le suisse, c’est 25 francs de plus. Nous avons aussi des draps mortuaires plus ou moins fins, plus ou moins riches, et par conséquent plus ou moins chers; on peut vous donner aussi les vieux de la charité, et les jeunes filles de la maison des orphelins, la confrérie des pénitents blancs ou des pénitents noirs, c’est à votre choix. Vous pouvez mettre à votre ensevelissement depuis 15 francs jusqu’à mille écus. — Milord. Je vous remercie de tous vos renseignements; mais je vous demande seulement le prix ordinaire d’un ensevelissement, tout juste le strict nécessaire? — Le Curé. Eh bien, vous ne pouvez pas vous passer d’un prêtre, de deux clergeons et d’une croix; ainsi, vous pouvez être enseveli décemment pour 24 francs. — Milord. Et avec tout cela j’irai sans doute en paradis? — Le Curé. Non; mais probablement en purgatoire. — Milord. En purgatoire? Mais alors vous ne m’aurez pas sauvé, car vous ne pouvez pas venir me tirer de là? — Le Curé. C’est ce qui vous trompe : vous n’avez qu’à laisser par votre testament l’ordre de faire dire des messes au moyen desquelles du purgatoire vous passerez en paradis. — Milord. J’entends, et combien coûte une messe pour un mort?— Le Curé. 30 sous. — Milord. Et combien faut-il de messes? — Le Curé. Je ne puis pas vous préciser exactement, mais plus vous en ferez dire, plus vous aurez de chances pour sortir vite de ce lieu de tourment. — Milord. Je comprends : comme les messes à dire sont le dernier argent que vous attendez d’une personne, vous n’avez pas voulu en fixer le nombre, afin de laisser plus de marge à la généreuse piété des parents. Vous êtes plus compatissants que la mort : elle referme la terre sur nous une fois pour toutes; mais vous ne refermez jamais votre bourse. Mais comme je veux savoir à quoi m’en tenir dès ici-bas sur mon salut éternel, faites une exception en ma faveur, et dites-moi enfin combien de messes on peut faire dire raisonnablement? — Le Curé. Une vingtaine ne peut pas vous nuire, et je crois…

Milord. Vingt messes à 30 sous, cela fait 30 francs. Maintenant, récapitulons ce qu’il faut faire dans votre église catholique, apostolique et romaine pour être sauvé:

Le baptême : 2 fr. 05 s.

La première communion, pour un cierge : 3 fr. 10 s.

Pour ne pas faire maigre pendant le carême, 6 fr. par an, donc pour trente ans que je puis vivre encore : 180 fr.

Pour ne pas faire maigre le vendredi et le samedi, à 15 fr. par an, pour trente ans : 450 fr.

Pour ne pas jeûner, à 10 fr. par an, pendant trente ans : 300 fr.

Pour les chaises du dimanche et des grandes fêtes, à 3 fr. 2 s. par an, pour trente ans : 93 fr.

Prix des indulgences pour mes pénitences arriérées : 12 fr.

L’enterrement avec l’extrême-onction par-dessus : 24 fr.

Messes pour sortir du purgatoire : 30 fr.

Ainsi je puis être sauvé, aller en paradis pour la modique somme de 1,094 fr. et 15 sous* !

* le traité avait été écrit au milieu du 19e siècle; je ne connais pas les montants correspondants en euros aujourd’hui

Mais laissons là l’ironie, mon cher curé; je vous demande maintenant si vous oseriez encore, sans rougir, me proposer d’accepter une religion où tout se traite à prix d’argent; une religion où il me faut payer pour naître, payer pour communier, payer pour m’asseoir, payer pour manger, payer pour me marier, payer pour obtenir des pardons, payer pour vivre, payer pour mourir, payer encore quand je suis mort et enterré? Une église où je ne puis faire un pas sans voir la main du prêtre me mendier un sou? Puis-je reconnaître dans ce commerce de sacrements, dans cet agiotage de péchés rachetés par des pénitences, de pénitences rachetées par des indulgences, d’indulgences acquises à prix d’argent, la religion de Jésus-Christ qui recommande à ses disciples de n’avoir qu’un seul bâton et une seule robe? Puis-je reconnaître dans cette banque de messes achetées par le fidèle au bureau d’un prêtre de ville, qui les met en portefeuille pour les faire chanter sous escompte de moitié prix par un pauvre prêtre de village, puis-je reconnaître là la religion de ce Jésus qui n’avait pas un lieu pour reposer sa tête, et dont le royaume n’était pas de ce monde? N’êtes-vous pas plutôt les fidèles successeurs de ces vendeurs que Jésus-Christ chassa à coups de fouet du temple de Jérusalem, en leur criant: « Ma maison est une maison de prière, mais vous en faites une caverne de voleurs ? » Ce Jésus qui renversait les tables des changeurs, ne renverserait-il pas ces troncs suspendus à chaque pilier de vos églises? S’il chassait les marchands de bœufs, de brebis et de pigeons, n’en chasserait-il pas aussi vos marchandes de chaises? S’il a condamné les pharisiens qui faisaient leurs aumônes pour être vus des hommes, ne vous condamnerait-il pas, vous qui forcez vos fidèles à se faire pharisiens, en leur envoyant demander par une belle quêteuse, à la main de laquelle ils n’osent refuser par vanité, l’argent qu’elle verse ensuite dans vos poches? Et quels ont été les fruits de cet indigne trafic des choses saintes? Vous vous êtes enrichis, j’en conviens; mais vous avez ruiné la religion en la livrant au mépris public. Le plus simple de vos paroissiens crie dans tous les coins de rues à qui veut l’entendre que vous faites votre métier, qu’il n’y a de place dans votre paradis que pour les riches, que vous êtes pires que ces juges iniques dont la conduite fait dire que la clef d’or ouvre partout; car, chez vous, la clef d’or ouvre le ciel lui-même. Votre avarice a tué la foi du peuple; votre ambition a éteint sa piété; et si ce peuple croit aujourd’hui plus à Voltaire qu’à Dieu, c’est vous-mêmes qu’il faut en accuser. Où trouverez-vous, dans le Nouveau-Testament, un seul mot qui autorise tout ce tripotage ecclésiastique? Nulle part. Aussi, défendez-vous la lecture de ce Livre divin; car vous savez qu’il y est écrit: « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, car vous dévorez les maisons des veuves, même sous prétexte de faire de longues prières; c’est pourquoi vous en recevrez une plus grande condamnation. » Vous savez qu’on y lit que Simon, le magicien ayant voulu acheter le don du Saint-Esprit à prix d’argent, Saint Pierre lui dit: « Que ton argent périsse avec toi-même, puisque tu as pensé que le don de Dieu s’acquiert avec de l’argent ! » Vous qui vous dites successeurs de Saint Pierre, vous devriez imiter sa conduite, et faire cette réponse à ceux qui vous apportent l’argent d’une messe.

Mais laissons cela, mon cher curé: vous m’en avez dit assez pour me faire connaître votre religion, permettez-moi maintenant de vous exposer la mienne; celui de nous deux qui sera convaincu par l’autre pourra se décider avec raison à changer de religion.

Et d’abord la mienne n’a qu’une seule source, la Bible : qu’un seul docteur, Dieu lui-même. Je laisse de côté votre tradition inventée par les hommes, votre infaillibilité prétendue du Pape, pour ne soumettre mon esprit, ma conscience et mon cœur qu’à la seule autorité de la Parole de Dieu. Voilà un système de religion bien plus simple et une base de foi bien plus solide. J’ouvre donc cette Bible, et dans les premières pages j’y vois, par l’histoire de notre premier père, que la race humaine est tombée dans le péché. En poursuivant cette lecture je découvre, par la conduite du peuple juif, qu’en effet les hommes ont toujours vécu dans le mal; enfin, quand je lis dans l’Ancien Testament le Décalogue, et dans le Nouveau Testament les préceptes de l’Évangile, je vois clairement que, si l’homme ne doit ni tuer, ni voler, ni dire une fausse parole, ni convoiter, ni concevoir une mauvaise pensée, certainement tous les hommes, moi le premier, sont condamnés, selon la déclaration de cette même Bible: « Il n’y en a pas un seul qui fasse le bien », et celle-ci: « Dieu les a tous renfermés sous la condamnation. »

Le Curé. Mais, Milord, votre religion est effrayante! — Milord. Attendez un moment: dites-moi d’abord: votre conscience vous dit-elle que vous ayez fait le mal ? — Le Curé. C’est selon… — Milord. Pas de subterfuge! Répondez directement : avez-vous fait le mal, oui ou non? — Le Curé. Eh bien! oui. — Milord. Donc, comme moi, vous êtes condamné; car encore une fois la Parole de Dieu l’a dit. — Le Curé. Et voilà précisément ce qui m’épouvante! — Milord. Mais écoutez; voici ce qui vous rassurera. Maintenant que vous sentez la justice de votre condamnation, Dieu ne vous demande ni or, ni argent, ni jeûne, ni maigre, ni pénitence, ni macérations; il ne vous demande rien ! Il vous donne au contraire, et vous donne GRATUITEMENT… — Le Curé. Quoi donc? — Milord. Votre salut éternel! Et si vous en doutez, écoutez ces paroles puisées dans la Sainte Bible: « Dieu les a tous renfermés sous la condamnation afin de faire miséricorde à tous. Vous êtes sauvés par la grâce et non point par les œuvres. Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croirait en lui ne pérît point, mais qu’il eût la vie éternelle. Quand nous n’étions que pécheurs, Christ est mort pour nous; Christ a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption. Venez et prenez sans or ni argent! »

Voilà qui est clair, je pense? Je vous ai cité dix passages, j’aurais pu vous en citer cent et mille qui tous proclament que Dieu donne gratuitement et complètement son ciel à quiconque croit de cœur à Jésus-Christ. Voilà de la générosité! Voilà de la grandeur! Voilà de l’amour! Concevez-vous quelque chose de plus grand? de plus digne de Dieu? Et comprenez-vous quelque chose qui mérite mieux le nom de religion? Voyons: quel moyen inventeriez-vous, plus efficace que le pardon de tous les péchés, et le don absolu et gratuit d’une vie éternelle, pour émouvoir et gagner le cœur de l’homme à son Dieu? Dites-moi, cher curé, pourriez-vous ne pas aimer le Dieu qui vous aime de la sorte? Pourriez-vous ne pas lui obéir en faisant le bien, en sanctifiant votre vie, en secourant vos frères? Ah! cher ami, si je vous ai paru sévère d’abord en jugeant votre religion, comprenez maintenant que mon intention finale était de vous désabuser de l’erreur pour vous amener à la vérité, et que, si la vérité est quelque part sur la terre, elle doit être dans la doctrine qui nous enseigne que Dieu donne tout, dans le règne de la grâce, comme il nous a tout donné dans le règne de la nature. Le Dieu qui nous a donné cette vie passagère, nous donne la vie éternelle; le Dieu qui nous soutient en santé par sa providence, nous maintient en sainteté par son Esprit; le Dieu qui nous a donné un père, une mère, nous a donné un Sauveur; il donne tout, il ne vend rien, et c’est rabaisser le Créateur à la taille de la créature que de croire qu’il attend quelque chose de notre part, et qu’entre lui et nous, comme entre deux hommes, peut se passer un marché!

Oh ! cher ami, agrandissons nos pensées; au lieu d’abaisser Dieu à notre niveau, tâchons de nous élever à la hauteur de son amour. Comprenons sa grandeur, sa bonté, sa puissance, et disons-nous bien qu’il veut nous tout donner, si nous voulons tout accepter.

Oui, je puis le dire par expérience, si j’ai été rendu capable de faire quelque bien, c’est parce que mon cœur a été ouvert et réjoui par la foi à cette doctrine que j’étais sauvé! vraiment sauvé! pour toujours sauvé! Et si vous désirez le savoir, voilà la source des bienfaits que je me plais à répandre sur votre paroisse.

Le Curé prit la main du Milord sans lui répondre, et après un moment de silence, il lui dit avec émotion: « Au revoir ! »

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Cliquez sur le lien suivant pour obtenir une version PDF gratuite de ce traité :

Napoléon Roussel, « Religion d’argent » (Livre numérique Google)

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Voir aussi:

Apocalypse 18 : des corps et des âmes d’hommes comme objets de commerce de la Grande Prostituée

« Le Pape et Cie » : un traité du pasteur Napoléon Roussel

Catholicisme romain

Livres électroniques gratuits : d’autres ouvrages du pasteur Napoléon Roussel

Le formalisme et le christianisme : une citation de Napoléon Roussel

Document électronique gratuit : « La Grande Prostituée » du pasteur Napoléon Roussel (1805-1878)

Livre électronique gratuit: « Histoire de l’Inquisition au Moyen-âge » de Henry Charles Lea (1825–1909)

Livre électronique gratuit : « Le culte domestique pour tous les jours de l’année ou 365 courtes méditations sur le Nouveau Testament » (2 volumes) du pasteur Napoléon Roussel

Livre électronique gratuit : « Le culte du dimanche ou 52 simples discours destinés aux églises et aux familles privées de pasteurs » du pasteur Napoléon Roussel

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