Quelques paragraphes d’un article titré « Le Darbysme jugé par un théologien allemand »

darby6Voici quelques paragraphes tirés d’un article titré « Le Darbysme jugé par un théologien allemand » qui avait été publié dans une revue protestante du 19e siècle:

Après avoir exposé aussi systématiquement que possible des doctrines qui ont la prétention de ne pas être un système, l’auteur continue: S’il y a secte là où quelques membres de l’église, mécontents de ses défectuosités, supposées ou réelles, se séparent pour établir dans une communauté distincte ce qui leur manque dans l’église, le darbysme est une secte au premier chef. Il est en opposition ouverte et radicale avec tout établissement ecclésiastique. C’est même parmi les autres sectes ce qui distingue celle-là, qu’elle ne cherche point une transformation ou une rénovation de l’église et ne veut point elle-même être une église dans le sens d’une organisation quelconque; elle prétend que déjà depuis le temps des apôtres il n’y a plus d’église et qu’il ne s’agit pas de la rétablir. Dans le bouleversement de la dernière économie, il ne s’agit plus que du salut des individus qui ont à se réunir sans règles ni statuts ecclésiastiques d’aucune sorte.

L’opposition du darbysme à l’église provient d’un idéalisme exclusif, sans intelligence des voies et moyens par lesquels Dieu réalise, dans le monde et dans l’humanité, le plan du salut par Christ. Quand on se fait a priori son idée de l’église d’après les passages de l’Écriture où elle est représentée comme « le corps de Christ, comme son épouse pure et sans tache, » — ce qui est son idéal, — et qu’on applique à l’église actuelle la mesure de cet idéal, il est évident qu’on ne le trouve pas réalisé. Au lieu de rechercher la cause de la distance qui existe entre l’idéal et la réalité, le darbysme passe, sans autre, condamnation sur toutes les églises existantes. Il refuse de reconnaître que, excepté le Fils de Dieu, manifestation personnelle parfaite des pensées et de la volonté divines, il n’y a sur la terre et parmi les hommes tels que les a faits la chute, pas de réalisation parfaite possible des pensées et de la volonté divines. Pas plus que chaque chrétien, l’église n’est accomplie dès l’abord; elle tend à le devenir, mais elle est militante, dans ce sens aussi qu’elle rencontre continuellement dans son propre sein des erreurs, des défectuosités, des péchés contre lesquels elle a à lutter. De l’aveu de Darby, l’apostasie marque déjà les communautés chrétiennes du temps des apôtres: loin de tirer la leçon découlant naturellement du fait que l’église n’était pas parfaite, même alors que l’Esprit soufflait encore si puissamment, il en prend occasion pour douter de la possibilité de l’église. Il repousse la distinction établie par les réformateurs entre l’église invisible et l’église visible, entre l’église au sens propre et l’église dans un sens plus restreint. Mais en demandant que la vraie église soit visible, il tombe involontairement dans la notion catholique de l’église, repoussée par les réformateurs, d’après laquelle aussi l’église ne peut être que visible. Le darbysme et le catholicisme se rencontrent donc, quoique partant de points de vue différents : pour le premier, l’église véritable serait l’expression parfaite de l’idée de l’église; pour le second, l’église visible possède dors et déjà les caractères de l’église idéale.

Notre distinction entre l’idéal biblique et la réalité historique est basée sur l’Écriture. Le Seigneur dit à ses disciples: « Vous êtes déjà nets à cause de la parole que je vous ai annoncée. » Si cela eût été absolument vrai d’eux, Pierre aurait-il pu sitôt après renier son maître, et tous les disciples abandonner Jésus? Paul peut appeler saints les chrétiens, parce qu’ils sont séparés du monde et qu’en vertu de la foi ils ont en eux le principe de la sainteté, mais il ne veut pas dire par là que ses lecteurs soient sans péché. Tout en disant: « Celui qui a été engendré de Dieu ne commet point de péché, » Jean, n’ignore pas que le chrétien le plus avancé pèche encore chaque jour et il demandait sans doute chaque jour à Dieu le pardon de ses péchés. Ne dit-il pas en parlant de ceux qui marchent dans la lumière: « Si nous disons que nous n’avons point de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est point en nous? »

source:

« Le Chrétien évangélique – Volume 15 » (Livre numérique Google)

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Voir aussi:

Darbysme (plymouthisme)

Ecclésiologie (doctrine de l’Église)

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