Du jeûne selon l’Écriture (1re partie)

Dans la providence divine, j’ai trouvé récemment une revue évangélique protestante du dix-neuvième siècle contenant un article sur le jeûne selon les Écritures. Ayant apprécié les contenus de cet article utile, j’avais pensé sage de partager ses contenus sur ce blogue. Étant donné que l’article est assez long, j’avais pensé bon de le couper en différents morceaux. Voici la première partie:

Le mot jeûne désigne une abstention totale de nourriture, pendant un temps plus ou moins long. Le jeûne se distingue, à proprement parler, de l’abstinence (abstinentia, semijejunium), qui ne consiste qu’à se passer de certains aliments, tels que la viande, tout en usant d’une autre espèce de nourriture.

Dans cette étude nous nous proposons d’examiner d’après l’Écriture, et spécialement sous l’économie de l’Évangile, le sujet général d’une privation volontaire quelconque, totale ou partielle, de certains aliments par motif religieux. C’est dans ce sens tout général que nous emploierons le mot jeûne.

D’ailleurs le jeûne proprement dit et la simple abstinence se touchent de si près, sont si bien le résultat d’un même principe, dans l’application duquel ils ne présentent qu’une différence du plus au moins, que si l’un est approuvé ou condamné, l’autre doit l’être aussi.

La question de la pratique du jeûne en général pour les chrétiens évangéliques, est certainement digne d’intérêt. Peut-être même a-t-elle été pour plusieurs de nous le sujet d’un certain embarras de conscience. Et voici pourquoi:

D’abord on ne peut méconnaître qu’une certaine pratique du jeûne, en telle ou telle circonstance, ne soit louée et même recommandée par le Seigneur Jésus. N’a-t-il pas dit : « Lorsque tu jeûnes… qu’il paraisse à ton Père, et ton Père te récompensera publiquement; » et ailleurs: « Lorsque l’époux sera ôté, alors les amis de noce jeûneront; » et surtout: « Telle espèce de démon ne peut être châtiée par aucun moyen qu’avec prière et jeûne ? »

Puis ne voyons-nous pas les apôtres et l’Église apostolique avoir pratiqué le jeûne, dans certaines circonstances, sous l’approbation et la bénédiction positives de l’Esprit de Dieu? Pour n’en citer qu’un exemple, je rappellerai celui de l’église d’Antioche: « Il s’y trouvait, nous dit le livre des Actes, quelques prophètes et docteurs. Et comme ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit: Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, ayant jeûné et prié et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller. »

Ensuite ne trouvons-nous pas l’usage du jeûne se perpétuant dans l’Église des premiers siècles, puis dans les églises grecque et latine, dans la vie religieuse desquelles il occupe une si grande place; puis encore recommandé, dans de justes limites, par les réformateurs et les confessions de foi, et pratiqué par les églises évangéliques dans diverses circonstances?

Néanmoins, malgré ces recommandations et ces exemples, tout usage du jeûne est tombé complètement, ou presque complètement, en désuétude au milieu de nous. Qui est-ce qui jeûne jamais? N’y a-t-il pas dans l’abandon total de cette pratique un indice, et peut-être une source, d’affaissement religieux et moral? Y a-t-il quelque connexion peut-être entre ce fait et le matérialisme, le sensualisme reproché à notre siècle? Il y a là un sujet qui mérite l’examen.

Il faut avouer que si l’on doit considérer le jeûne comme étant essentiellement un acte religieux, destiné ou à nous rendre par lui-même agréables à Dieu, ou à maîtriser en nous la chair, eu la traitant durement, nous avons, appuyé sur la Parole de Dieu, des objections graves à présenter à cette pratique.

Et d’abord le salut s’obtenant, et pouvant s’obtenir seulement par grâce, par la foi en Christ, sans que nos œuvres puissent en rien contribuer à notre rédemption, nous devons repousser toute idée que l’acte de jeûner nous concilie de soi la faveur de Dieu en un degré quelconque et nous obtienne la moindre récompense. « Ce n’est pas un aliment qui nous rend recommandables à Dieu, dit St. Paul (1 Corinthiens 8:8), car si nous mangeons, nous n’avons rien de plus, et si nous ne mangeons pas, nous n’avons rien de moins. »

S’agit-il de faire du jeûne un moyen d’agir, non sur Dieu, mais sur nous, pour notre sanctification? — Mais pour nous le grand moyen de sanctification, comme de justification, n’est-il pas encore, et toujours, le recours à Christ? Ce recours à Christ ne suffit-il pas à tout? Oui, dans ce sens aussi, sa grâce nous suffit. « Nous pouvons tout eu lui, qui nous fortifie. » « Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair avec ses convoitises. » « Je suis crucifié avec Christ, dit le fidèle avec Paul, et je ne vis plus pour moi. mais Christ vit en moi: et ce que je vis encore en la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est donné lui-même pour moi. » D’ailleurs la chair doit être combattue en nous par l’abstention du péché, et non par celle des choses permises. Nous abstenir des dernières, c’est nous imposer un joug qui n’est pas celui du Seigneur et que nous risquons de préférer à celui du Seigneur, c’est faire acte, non de renoncement à sa volonté, mais de volonté propre ; c’est dénaturer l’esprit de la piété, car « le règne de Dieu n’est ni aliment ni breuvage, mais justice, paix et joie par le Saint-Esprit » (Romains 14:17); c’est voiler cette « joie de l’Éternel qui. comme le remarquait déjà Néhémie, fait notre force. » cette joie au Seigneur en laquelle le racheté est invité à se fortifier sans cesse, qui fait sa sûreté, et qui même lui est si naturelle puisqu’il a trouvé l’époux et le possède avec lui; s’abstenir d’une nourriture permise, c’est même repousser une bénédiction et un moyen de grâce, car il est écrit que « Dieu a créé les aliments pour qu’ils soient pris, avec actions de grâces, par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité, parce que tout ce que Dieu a créé est bon et rien n’est à rejeter quand c’est pris avec actions de grâces; car c’est sanctifié par la parole créatrice de Dieu et par la prière. » (1 Timothée 4:1-10)

À ces objections, qu’appuie l’Écriture et par lesquelles nous repoussons l’usage du jeûne, ou du moins du jeûne entendu d’une certaine manière, s’ajoute pour augmenter notre embarras de conscience dans cette question la remarque, déjà présentée, de l’abandon complet, ou presque complet, de cette pratique par les chrétiens évangéliques de notre temps, et enfin la difficulté avec laquelle nous nous rendons compte de prime abord de l’utilité véritable que pourrait avoir pour notre âme, pour un développement plus saint, plus spirituel et plus actif de notre vie religieuse un retour quelconque vers cette pratique.

Pour sortir de cet embarras et résoudre ces difficultés, qui nous paraissent se résumer en une opposition que nous croyons apercevoir entre, d’un côté, des recommandations du Seigneur et I’usage des apôtres, de l’Église primitive, des églises grecque et romaine, des premières églises réformées, et, d’un autre côté, l’esprit de l’Évangile et certaines déclarations du Seigneur et des apôtres, il nous faut en venir à l’étude des passages de l’Écriture traitant du jeûne, afin de voir si le sens dans lequel il répugne à notre esprit chrétien, est bien le même dans lequel elle le recommande dans les passages qui y sont favorables.

source:

« Le Chrétien évangélique – volume 2 » (Livre numérique Google)

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Voir aussi:

Du jeûne selon l’Écriture (2e partie)

Prière

Livres chrétiens

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