Du jeûne selon l’Écriture (4e partie)

Dans la providence divine, j’ai trouvé récemment une revue évangélique protestante du dix-neuvième siècle contenant un article sur le jeûne selon les Écritures. Ayant apprécié les contenus de cet article utile, j’avais pensé sage de partager ses contenus sur ce blogue. Étant donné que l’article est assez long, j’avais pensé bon de le couper en différents morceaux. Voici la quatrième partie:

Dans le Nouveau Testament, la mention du jeûne n’est pas fréquente. Il n’en est pas question dans les épîtres, sauf dans trois passages des Corinthiens, qui sont sans importance en cette matière. En revanche il en est parlé six fois dans les Évangiles et trois fois dans les Actes. — Faisons rapidement la revue de ces passages.

Matthieu (4:1-4) nous dit que « Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert pour être tenté par le diable. Et après avoir jeûné 40 jours et 40 nuits (dans lesquels, ajoute Luc, il ne mangea rien), finalement il eut faim. Et s’approchant, le Tentateur lui dit: Si tu es le fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent du pain. Mais répondant, il dit: L’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu. » — Ce jeûne ne paraît pas avoir été prémédité par Jésus. Il lui a été imposé par le Père, comme l’indiquent ces paroles du verset 1: « Jésus fut emmené par l’Esprit pour être tenté, » et la réponse de Jésus au verset 4. Mais si ce jeûne fut une épreuve, il ne fut pas uniquement cela, car pendant les 40 premiers jours, le Seigneur ne souffrit pas. On est donc conduit à y voir un auxiliaire destiné à lui permettre de s’absorber quelque temps dans la méditation et la prière avant de commercer son œuvre. — C’est par là que le jeûne de Christ intéresse notre étude.

Le second passage se lit dans Matthieu 6:16-18. Au verset 1 du chapitre, nous lisons, d’après la meilleure leçon: « Prenez garde à ne pas faire votre justice (vos actes de justice, de sainteté) devant les hommes, pour en être vus, sinon vous n’avez point de salaire auprès de votre Père qui est dans les cieux. » Après quoi le Seigneur passe en revue trois sortes de ces actes de justice : l’aumône (versets 2-4), la prière (5-15) et enfin le jeûne (16-18), donnant sur la pratique de chacune des recommandations analogues. Du jeûne, il dit entre autres « Lorsque vous jeûnez, ne soyez pas comme les faux dévots, à l’air sombre…. Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage, afin qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le secret, et ton Père te récompensera publiquement. » — Le jeûne n’est pas ici expressément recommandé, mais la pratique en est supposée; et en tout cas il est indiqué comme récompensé de Dieu, s’il est accompli dans l’humiliation sincère et personnelle devant Dieu, sans ostentation aucune.

Dans le troisième passage, Matthieu 9:14-15, auquel il faut unir Luc 5:33-35, il nous est raconté que les disciples de Jean vinrent à Jésus, lui disant: « Pourquoi nous et les Pharisiens jeûnons-nous beaucoup, (souvent, dit Luc,) et faisons-nous des prières, tandis que tes disciples ne jeûnent point, mais mangent et boivent? » Et Jésus leur répondit: « Les amis de noce peuvent-ils être dans le deuil, taudis que l’époux est avec eux? Mais les jours viennent que l’époux leur sera ôté, et alors ils jeûneront. » — Sous la discipline de Christ, le jeûne n’est pas naturel; il est contraire à l’état habituel de joie spirituelle du racheté; aussi Jésus n’a-t-il point fait jeûner ses disciples. Bien plus, en ne jeûnant pas, il a protesté contre le jeûne des Johannites et des Pharisiens. Il fait même assez directement entendre, par la parabole des vieux vases, qui suit les paroles dont nous nous occupons, que le jeûne fréquent des Johannites et des Pharisiens était le résultat d’un état spirituel duquel ils devaient sortir.— Cependant le Seigneur suppose opportun le jeûne dans la douleur d’une âme qui a perdu la présence du Seigneur, et jusqu’à ce qu’elle l’ait retrouvée. Il n’est pas le moyen de la faire retrouver, mais il porte à ne pas passer légèrement sur un tel état, à s’en affliger plutôt, et à lutter avec le Seigneur jusqu’à ce qu’il accomplisse de nouveau ses promesses en nous rendant notre joie. — La situation des disciples après la mort de Christ était critique pour la foi; il fallait alors qu’ils luttassent par la prière et sollicitassent l’accomplissement de la promesse de la résurrection de Christ. Nous sommes dans une situation analogue si quelque péché particulier, ou un réveil de conscience après un temps d’engourdissement, nous révèle que nous sommes loin de Christ. Alors accourons à lui, humiliés, et tout en comptant avec foi qu’il nous rendra sa paix, ceignons-nous d’abnégation et ne nous laissons pas aller à la recherche de notre bien-être.

Une quatrième et dernière mention du jeûne dans l’histoire du Seigneur se trouve dans la réponse de Jésus aux disciples étonnés de n’avoir pu guérir l’enfant lunatique. « Jésus étant entré dans la maison, nous disent les évangélistes (comp. Marc 9:28-29, et Matthieu 17:19-21), ses disciples s’approchèrent de lui en particulier et lui demandèrent: « Pourquoi n’avons-nous pas pu chasser le démon? » Jésus leur répondit: « C’est à cause de votre incrédulité. En vérité, je vous dis que si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d’ici là ! et elle se transporterait, et rien ne vous serait impossible. Or cette espèce ne peut être chassée par aucun moyen que par la prière et le jeûne. » Nous trouvons ici la recommandation positive du jeûne dans certaines occasions. Ce sera le cas spécialement s’il s’agit d’une grande difficulté spirituelle et pratique à surmonter, d’une grande victoire à remporter sur un malin esprit, sur Satan et son œuvre; et l’esprit dans lequel il devra être pratiqué nous est indiqué par le Seigneur, quand il associe au jeûne la prière et la foi. La grande arme c’est la foi, mais une foi ravivée et soutenue par la prière. Quant au jeûne, il sert à rendre la prière plus intense et plus persévérante. — Ici donc, comme ailleurs dans l’Écriture, point d’opus operatum du jeûne, point de valeur intrinsèque attribuée à l’acte matériel, mais cet acte recommandé simplement comme un auxiliaire de la prière et par là de la foi. « Là où il s’agit, dit Calvin, d’un combat sérieux avec Satan, toute espèce de foi n’atteint pas le but; il faut une lutte vigoureuse. Faibles conjurateurs de démons, vous vous préparez au combat comme s’il ne s’agissait que d’un jeu; mais vous avez affaire à un ennemi que vous ne pourrez vaincre qu’avec les plus grands efforts. Il vous faut réveiller votre foi par la prière; et parce que vous y êtes paresseux et froids, il faut la soutenir par le jeûne. »

En dehors de l’histoire de Jésus lui-même, les évangélistes mentionnent encore deux fois le jeûne.

« Anne, nous est-il dit dans Luc 2:37, ne sortait point du lieu sacré, rendant son culte en jeûnes et en prières, nuit et jour. » — Il était naturel qu’un fidèle de l’ancienne alliance, dans l’attente du Libérateur, pratiquât le jeûne et l’oraison. Dans cette situation le Seigneur l’eût approuvée, nous paraît-il, d’après sa réponse aux disciples de Jean et des Pharisiens. — D’ailleurs ici encore le jeûne est intimement uni à la prière.

La dernière mention du jeûne dans les Évangiles se trouve, Luc 18:12, dans les paroles du Pharisien: « Je jeûne deux fois la semaine. » Ces mots nous rappellent à quel degré l’abus des pratiques cérémonielles s’était répandu chez les Pharisiens, et dans quel esprit ils accomplissaient le jeûne, qu’ils considéraient comme une œuvre méritoire. Il n’est pas dit que le péager jeûnât, mais il avait le sentiment profond de ses péchés, et Jésus nous dit que « le péager retourna justifié dans sa maison plutôt que l’autre. » — Le jeûne donc, s’il est utile, n’est pas indispensable, et en tout cas, s’il est accompli d’une manière formaliste, il est sans aucun prix devant Dieu et même dangereux.

source:

« Le Chrétien évangélique – volume 3 » (Livre numérique Google)

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Voir aussi:

Du jeûne selon l’Écriture (5e partie)

Du jeûne selon l’Écriture (3e partie)

Prière

Livres chrétiens

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