Du jeûne selon l’Écriture (5e partie)

Dans la providence divine, j’ai trouvé récemment une revue évangélique protestante du dix-neuvième siècle contenant un article sur le jeûne selon les Écritures. Ayant apprécié les contenus de cet article utile, j’avais pensé sage de partager ses contenus sur ce blogue. Étant donné que l’article est assez long, j’avais pensé bon de le couper en différents morceaux. Voici la cinquième partie:

Dans les temps apostoliques, il n’est fait mention du jeûne que dans les Actes et les épîtres aux Corinthiens.

Dans les Actes, chapitre 10, nous lisons qu’ « il y avait à Césarée un nommé Corneille, homme pieux, craignant Dieu avec toute sa maison, faisant beaucoup d’aumônes au peuple et priant Dieu continuellement. » Puis vient le récit de sa vision par l’auteur sacré, puis ce même récit fait par lui-même à Pierre en ces termes: « Il y a 4 jours qu’à cette heure je jeûnais, et à la neuvième heure j’étais en prière dans ma maison, et voici un homme se présenta à moi en vêtements resplendissants et dit: Corneille, ta prière a été exaucée et tes aumônes ont été rappelées en mémoire devant Dieu, envoie donc, etc. » — Quel rôle joue ici le jeûne? Bien que cet homme ne soit pas encore sous l’économie évangélique, le jeûne paraît très secondaire dans sa piété. Il n’en est question ni dans le portrait que trace de lui l’évangéliste, ni dans les louanges que l’ange lui adresse. Corneille lui-même ne paraît y avoir attaché d’autre importance que celle d’un secours pour la prière, celle-ci étant évidemment la chose principale.

Dans le même livre, chap. 13, nous lisons qu’ « il y avait dans l’église d’Antioche quelques prophètes et docteurs, et que, comme ils servaient le Seigneur dans le ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit: Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, on les laissa aller. »

Dans ce passage, il est question de deux jeûnes: celui des cinq prophètes avant la vocation qu’adresse le Saint-Esprit, et celui de l’Église après cette vocation et avant le départ des deux frères que le Saint-Esprit a désignés. Nous ne savons pas à quelle occasion et dans quel but spécial le premier eut lieu. Quoi qu’il en soit , c’est tandis que les prophètes l’observaient et vaquaient au service de Dieu, qu’ils reçoivent une communication infiniment remarquable de l’Esprit de Dieu (comme c’est au milieu des prières et des jeûnes de Corneille que le Seigneur lui accorde une importante révélation). Il y a là évidemment une approbation indirecte, mais très positive, de l’Esprit sur leurs actes et leurs dispositions, et il devait en résulter un grand encouragement à la prière et au jeûne accomplis dans cet esprit et de cette manière.

Le second jeûne, célébré pour le départ des missionnaires, est étroitement uni aux prières adressées au Seigneur pour lui demander sa bénédiction sur l’œuvre qu’ils entreprennent. Il a ceci de remarquable qu’il est célébré au milieu de circonstances joyeuses en même temps que graves. Car ne devait-ce pas être un grand sujet de joie pour l’Église que la révélation qui venait de lui être accordée et la grande œuvre à laquelle elle était appelée pour le salut du monde et la gloire de Dieu? Pourquoi donc jeûner? Apparemment à cause de la responsabilité qui devait peser sur les faibles instruments d’une œuvre si difficile. D’où nous devons conclure qu’en face d’une grande œuvre à commencer, il est bon de s’humilier, de se recueillir, d’examiner sa faiblesse propre, de renoncer à soi-même, de se traiter durement, pour se jeter alors avec d’autant plus d’abandon entre les bras du Seigneur et recourir avec d’autant plus d’énergie à son secours puissant et seul efficace. Ici le jeûne a la même signification que celui de Jésus à l’entrée de son ministère et que celui qu’il prescrit avant qu’on entreprenne de chasser un démon.

Dans le même livre, 14:21-23, il est dit que les deux missionnaires « retournèrent à Lystre, Iconie et Derbe, affermissant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi et disant que c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Puis leur ayant fait nommer des anciens dans chaque assemblée, après avoir prié avec jeûnes, ils les remirent au Seigneur en qui ils ont cru.» — Le jeûne ici se justifie comme dans le dernier cas examiné. La principale raison de ce jeûne, sinon la seule, paraît être, en effet, la gravité de la position de ces églises, appelées à se choisir dans leur sein des conducteurs et à se contenter désormais de leurs propres ressources.

Il n’est plus question de jeûne dans le livre des Actes que dans cette phrase de 27:9 : « Le jeûne était déjà passé, » qui nous montre que le seul ou le grand jeûne national des Juifs était l’unique jeûne fixé par la Loi, celui de la fête des Propitiations en automne.

Il est bien dit, dans l’histoire du naufrage de Paul, que l’équipage resta « quatorze jours sans rien prendre pour ainsi dire » ; mais c’était sans intention de jeûne, et sous l’effet des préoccupations et de l’émotion. — De même quand Paul est renversé sur le chemin de Damas, « il fut trois jours sans voir, et il, ne mangea ni ne but » (Actes 9:9); probablement moins par acte de volonté que sous la puissance des impressions du moment, ce que confirme ce qui est dit, « qu’après son baptême, ayant pris de la nourriture, il fut fortifié.» (Vers. 19. Comp. XXVII, 34-36).

Il est enfin question de jeûne dans trois passages des Corinthiens, ou plutôt dans deux.

Dans la 1re épître, chapitre 7, verset 5, nous lisons dans le texte reçu: « Ne vous privez pas l’un de l’autre, si ce n’est d’un consentement mutuel, pour un temps, afin de vaquer au jeûne et à la prière.» Mais les mots «au jeûne, etc.,» n’existent pas dans les anciens manuscrits (A,B,C,D,E,F,G), ce qui annule pour nous le passage*. Toutefois on comprend l’introduction postérieure* de ces mots, la continence devant être unie à l’abstinence, comme un traitement dur de soi-même, bien opportun lorsqu’on veut s’approcher solennellement de Dieu.

La dernière mention du jeûne dans l’Écriture est celle que nous trouvons dans deux passages assez semblables de la 2e épître aux Corinthiens. Paul, parlant sans doute de lui et de Timothée, au nom duquel il écrit aussi, dit (6:4-5): « En toutes choses nous nous rendons recommandables comme serviteurs de Dieu par beaucoup de persévérance au milieu des tribulations, des nécessités,… des travaux, des veilles, des jeûnes; par de la pureté, de la connaissance, etc.,» et (11:23-27) : « Sont-ils serviteurs de Christ (je parle en déraisonnant), je le suis encore plus: souvent en voyages, en périls…; dans le travail et la peine, souvent en veilles, dans la faim et la soif, souvent en jeûnes, dans le froid et la nudité. » — Est-il question dans ces deux passages de jeûne volontaire proprement dit, ou de privation forcée de nourriture? Il paraît plus naturel de l’entendre, d’après le contexte, de ces « nécessités » dont parle le premier passage au verset 4, et de « la faim et la soif » mentionnées par le second. La circonstance qu’au dernier endroit les mots «jeûnes» et« faim et soif» feraient double emploi ne prouve rien, car dans l’animation de son exposition, Paul se répète aussi quand, après avoir dit au verset 25 : « trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit à la pleine mer, » il ajoute plus loin : « en périls sur la mer. » — Une seconde raison à alléguer en faveur de l’interprétation que nous indiquons, c’est que, dans un passage semblable de la 1re épître (4:11), il n’est pas question de jeûne, mais nous lisons : « Jusqu’à cette heure-ci nous avons faim et soif; nous sommes nus, nous travaillons péniblement de nos mains, etc.» Une troisième remarque, appuyant encore cette manière de voir, c’est qu’ici manque la mention de la prière, qui accompagne habituellement celle du jeûne volontaire.

source:

« Le Chrétien évangélique – volume 3 » (Livre numérique Google)

* Avant de commencer, je dois affirmer clairement que je ne suis pas d’accord que des croyant(e)s et églises brisent leur communion en raison du sujet des versions bibliques. Moi, je ne veux pas créer une « chicane » ou semer de la discorde. Ne voulant pas que des gens pensent faussement que je suis nécessairement d’accord avec la position de l’auteur concernant la question des « meilleurs » manuscrits et quels mots appartiennent dans la Parole de Dieu, moi comme laïc et noble Béréen (Actes 17:11), je mentionne ici que je ne suis pas d’accord avec la position de l’auteur concernant ce que sont les « meilleurs » manuscrits. L’auteur de cet article présuppose automatiquement ceci : plus ancien manuscrit = manuscrit plus fidèle. Hmmm… pas nécessairement. Et l’auteur présuppose aussi automatiquement ceci : plus long verset dans un manuscrit = manuscrit où il y a eu des ajouts. Hmmmm… pas nécessairement. Ce sont deux présuppositions qui doivent être prouvées. (Un avocat et auteur chrétien avait critiqué de telles présuppositions – cliquez ici.) Est-ce que les gens ont assez de données historiques pour pouvoir prouver ces présuppositions? Est-ce que nous avons des témoins oculaires fiables qui pourraient nous montrer chaque fois dans les deux derniers millénaires quand il y a eu supposément des mots « ajoutés » dans les manuscrits? Pourquoi des ajouts sont automatiquement présupposés dans les manuscrits présupposés être « moins bons »? Pourquoi automatiquement exclure la possibilité qu’il y a eu des mots enlevés (ex. 1 Jean 5:7) dans les manuscrits présupposés être « meilleurs »? Je pourrais aussi bien présupposer ceci : « Les manuscrits moins anciens sont moins anciens parce qu’ils avaient été copiés plus souvent et ils avaient été copiés plus souvent parce que ces manuscrits étaient meilleurs et plus fiables, tandis que les manuscrits plus anciens avaient été mieux conservés parce qu’ils avaient été moins utilisés étant donné qu’ils étaient moins fiables. »  Et en conjonction avec cette présupposition, je présuppose le principe suivant qui me semble être plus spirituel et moins tour-d’ivoire-esque : « on connaît un manuscrit préservé providentiellement par Dieu à ses fruits ». Quels manuscrits de la Bible ont été associés par exemple avec les grands réveils spirituels du passé (je ne parle pas des faux « réveils » pentecôtistes!), aux grandes oeuvres missionnaires et à cette grande révolution spirituelle qu’était la Réforme protestante qui nous avait libéré de l’Âge des Ténèbres? Je trouve ça particulièrement intéressant comme « coincidence » qu’au 19e siècle, alors que les papes étaient en train d’anathémiser les sociétés bibliques protestantes, qu’un « protestant » allemand à la même époque vient à avoir accès à des « meilleurs manuscrits » du Vatican – d’où venait (« coincidence intéressante! ») ces condamnations officielles des sociétés bibliques protestantes – et que nous avons commencé à avoir soudainement dans le monde protestant des nouvelles versions de la Bible basées sur ces « meilleurs manuscrits ». La « Revised Version », qui devait simplement moderniser l’anglais de la version « King James » en Angleterre et non pas remplacer les manuscrits utilisés pour la traduction, aurait été faite malhonnêtement (voir ici). Pourquoi ces « meilleurs manuscrits » devaient être introduits en Angleterre de façon malhonnête par des gens qui avaient aussi approuvé le mouvement d’Oxford, un mouvement pernicieux du 19e siècle qui avait cherché à catholiciser l’anglicanisme et qui avait été dénoncé par exemple par Charles Spurgeon, Merle d’Aubigné et J. C. Ryle? (Le mouvement d’Oxford est un mouvement qui avait utilisé de la malhonnêteté pour avancer son agenda et il y a des preuves écrites pour le prouver – cliquez ici.) Que dit Jésus concernant les mauvais fruits et les mauvais arbres? Depuis que nous avons ces « meilleurs manuscrits », avons-nous des meilleures Bibles et un meilleur christianisme? Avons-nous connu des véritables réveils spirituels et une plus grande piété dans le monde protestant avec ces « meilleurs manuscrits » de la Bible? Bon! Assez dit pour l’instant! 

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Voir aussi:

Du jeûne selon l’Écriture (6e partie)

Du jeûne selon l’Écriture (4e partie)

Prière

Livres chrétiens

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