Romains 5:12-14 et l’imputation du péché d’Adam à sa postérité

Imputation1Fr

Un frère-en-Christ il y a quelques semaines m’avait posé des questions concernant Romains 5:12-14 et le sujet archi-important de l’imputation du péché, sujet lié à l’Évangile, alors j’ai pensé sage de partager ici des paragraphes tirés de l’excellent commentaire sur Romains (gratuit et disponible en français!) qui avait été écrit par l’évangéliste Robert Haldane :

« C’est pourquoi comme par un seul homme le péché est entré au monde, et par te péché., la mort, et ainsi la mort est parvenue sur tous les hommes , parce que tous ont péché. » (Romains 5:12)

L’Apôtre a montré que le monde est plein de péché, et que tous les hommes, Juifs et Gentils, étaient dans leur état naturel sans force, pécheurs, ennemis de Dieu, et sous le poids de sa colère. Il a montré aussi que les uns et les autres étaient admis à l’état de justification, de paix et de réconciliation avec Dieu, par la foi à l’expiation de Christ, sans aucun égard à aucune différence qu’on supposerait dans leur caractère personnel, ou à la distinction que la loi de Moïse établissait entre eux. Dans les éclaircissemens ultérieurs qu’il donne à ce sujet, il enseigne quels sont les fondements tant de la condamnation que de la justification, et remontant à leurs sources respectives, Adam et Christ, il montre en quoi se ressemblent ces deux chefs opposés du genre humain , et en quoi ils diffèrent dans la manière dont leurs influences opposées ont été transmises par chacun d’eux.

Comme par un seul homme, Adam, le père commun et le représentant des Juifs et des Gentils, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, qui en était la punition, ainsi la mort est passée par lui à tous les hommes, par lui en qui tous ont péché. Le premier péché d’Adam était l’introduction à tous les péchés personnels, à toute la dépravation qu’il y a dans le monde, dans sa postérité, et dès la première entrée du péché, tous les hommes devinrent exposés à la mort comme à une punition dûe à ce péché. Cela est ainsi par la force de la constitution divine qui les a liés avec Adam, comme chef ou souche commune de toute la race humaine. C’est donc par un seul péché de cette personne commune ou de ce représentant, pendant qu’il était tel, que la mort est entrée; car quoique la corruption de tout homme venu au monde, ait été le resultat nécessaire de sa liaison avec Adam, c’est cependant la première faute de celui-ci qui les a rendus tous sujets à la mort, depuis la première entrée du péché dans le monde.

Le mot mort, comprend ici toute la punition qui est due au péché. Il est parlé de la mort dans l’Écriture sous ces trois points de vue différents; la mort spirituelle ou la privation de la vie spirituelle (Éphésiens 2:1); la mort temporelle ou celle du corps (Jean 11:14), et la mort éternelle, appelée aussi la mort seconde (Apocalypse 2:11, 20:14, 21:8). Ce mot, est employé, tantôt pour désigner l’une de ses parties , tantôt dans toute l’étendue de son sens universel. Il est évident que tous les hommes ont encouru la mort spirituelle, car ils sont tous par leur nature « morts dans leurs fautes et dans leurs péchés, » et « si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut point voir, le royaume de Dieu. » Tous les hommes sont donc aussi sujets à la mort seconde. Plusieurs personnes supposent, à la vérité, que ce qui est dit ici de la mort, ne signifie que la cessation de la vie corporelle, mais tous les enfants d’Adam ne tiennent-ils pas de lui une nature dépravée aussi bien qu’une nature mortelle? N’est-ce pas de la coulpe*, de la dépravation et de la punition éternelle, que Christ est venu délivrer son peuple et non de l’assujettissement à la mort physique? Sans la justification et la sanctification, l’immortalité serait-elle un bienfait? Si les hommes sont dépravés, morts dans le péché et mortels, comme descendants d’Adam, ils doivent non-seulement mourir, mais être misérables et profanes à jamais à moins qu’ils ne soient sauvés par Christ.

* mot signifiant « Faute, péché, erreur » (Larousse.fr)

Les gages du péché, c’est la mort (Romains 6:23). Ces mots indiquent tout ce que le péché mérite, et tout ce dont Dieu menaça pour la première fois qu’il serait commis. C’est pour cela que l’Apôtre établit comme le fondement de son raisonnement, que dans le péché actuel d’Adam et par ce péché, tous les hommes sont assujettîs à la mort ou à la punition du péché, et que la coulpe de ce péché leur est imputée.

DefinirImputer

L’imputation d’un péché à quelqu’un, l’assujettit justement à la punition due à ce péché, et ne pas l’imputer c’est l’affranchir de cet assujettissement; cela montre combien est dépourvue de fondement cette interprétation, que la mort est passée à tous les hommes, seulement par la force de la propagation naturelle depuis Adam, sans aucune inculpation de coulpe, ce qui est en contradiction avec les paroles de notre Apôtre. Car c’est la coulpe du péché et non la propagation naturelle, que l’Apôtre affirme être la cause de la mort. Ayant parlé du péché et de la mort comme étant la cause l’un de l’autre., il déclare comment tous les hommes sont devenus sujets à la punition, ou dignes de mort. Aussi il ajoute, en qui tous ont péché. Il est vrai que la mort est due à chaque péché en quelque temps qu’il soit commis; mais l’Apôtre montre ici comment la mort est passée par Adam à tous les hommes à la fois; comment ils y sont été tous assujettis dès sa première entrée dans le monde, au moyen du péché actuel d’Adam, qui ne peut être le péché actuel de ses descendants.

Il y a différentes manières de traduire les mots qui finissent ce verset: « en qui, par lequel, puisque, parce que, tous, ont péché. » Mais quelle que foit celle que l’on adopte, le sens demeure le même. La mort ne vient pas sur les hommes parce que tous ont péché actuellement, puisque les enfants (dont l’Apôtre parle au verset 14) meurent quoiqu’ils n’aient point commis de péchés actuels. Si donc la mort est venue sur tous les hommes, c’est parce que tous ont péché en Adam leur chef et leur représentant, et que tous sont ainsi enveloppés dans les conséquences de son péché; et cette vérité est clairement énoncée dans la première épître aux Corinthiens, où il est dit expressément (et le texte n’admet aucune autre traduction) que tous meurent EN Adam. « Car puisque la mort est par un homme, la résurrection des morts est aussi par un homme, car de même que tous s meurent en Adam tous aussi seront vivifiés en Christ. » (1 Corinthiens 15:21-22) La même vérité est clairement exprimée dans les versets qui suivent celui dont nous nous occupons. Par l’offense d’un seul, plusieurs sont morts , v. 15. La condamnation vient d’une seule faute, v. 16. Par l’offense dun seul, la mort a régné par un seul, v. 17. Par un seul péché, tous les hommes sont assujettis à la condamnation , v. 18. Ainsi en Adam , tous les hommes ont péché et ont été assujettis à la condamnation, comme étant contenus en lui (Hébreux 7:9-10) lors de son apostasie. Son sang fut corrompu par sa rébellion; et c’est de cette nature pervertie, dont l’origine est dans cette première faute, que procèdent toutes nos transgressions actuelles. Par la désobéissance d’un seul homme, plusieurs ont été constitués pécheurs, v. 18. Dans le passage dont nous nous occupons, et spécialement dans 1 Corinthiens chapitre 15, les Écritures s’expriment comme s’il n’y avait dans le monde que deux hommes, Adam et Christ; par le péché du premier, sont venus la mort et le péché, (a) et par l’obéissance du second , la justice et la vie.

(a) Quoique Ève eût été la première dans la transgression, cependant le péché n’entra pas dans le monde par elle, sauf en sa condamnation personnelle, jusqu’à ce qu’Adam, qui était constitué le représentant du genre humain, eut aussi mangé du fruit défendu.

« Car jusqu’à la Loi le péché était au monde : or le péché n’est point imputé quand il n’y a point de Loi. Mais la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient point péché de la manière en laque/le Adam avait péché , qui est la figure de celui qui devait venir. (b)  » (Romains 5:13-14)

(b) Le raisonnement contenu dans les deux versets sera plus clair si le mot imputé, qui est dans la seconde partie du verset l3, est suppléé dans la première

Le sens de ces deux versets, en les liant avec le douzième peut être paraphrasé de la manière suivante. La mort est venue sur tous les hommes par le péché d’Adam, car depuis sa chute jusques à l’époque où la loi fut donnée, le péché fut imputé à toute personne venant au monde; mais le péché , n’est point compté, là où il n’y a point de loi transgressée. Néanmoins, la mort qui est la punition du péché , régna depuis Adam jusques à Moïse, même sur les enfants et les idiots, qui étant incapables de recevoir aucune loi ni de lui obéir, n’ont pas péché actuellement comme Adam, qui était la figure de celui qui était à venir.

En même temps que le principal dessein de l’Apôtre dans la comparaison d’Adam avec Christ, était d’éclaircir le grand point dont il s’était occupé , c’est-à-dire, la justification par l’obéissance de Christ seul, il réfute aussi dans ce passage les erreurs des Juifs qui étaient opposées à cette doctrine; ils imaginaient que parce qu’ils étaient la semence naturelle d’Abraham et ses descendants circoncis, ils étaient dans un état de salut et avaient un droit exclusif aux faveurs de Dieu à cause de ces prérogatives, tandis qu’ils regardaient avec mépris les Gentils, comme des pécheurs maudits, comme étant haïs et abandonnés de Dieu. Mais l’Apôtre leur montre ici qu’ils étaient liés avec un ancêtre plus ancien qu’Abraham, avec Adam qui était tombé, et il prouve qu’ils étaient aussi bien que les Gentils, enveloppés dans sa chute. Ils regardaient aussi la loi de Moïse comme la règle générale et souveraine d’après laquelle devait être jugée l’humanité toute entière , par laquelle chacun serait acquitté ou condamné, et ils pensaient que personne ne pouvait être sauvé , à moins qu’il ne se conformât aux institutions spéciales qu’elle contenait. Mais l’Apôtre montre ici qu’il y avait eu une loi plus ancienne, par la transgression de laquelle ils avaient été constitués pécheurs aussi bien que le reste des hommes, et assujettis comme eux à la condamnation: que leur loi n’avait été introduite que longtemps après, non pas afin de les justifier, mais pour faire que l’offense abondât (v. 20 ) et pour les conduire à Jésus-Christ, qui est la fin de la loi en justice à tout croyant.

Pour prouver l’union de tout le genre humain avec Adam et la part qu’il avait à sa transgression, pour prouver ces vérités que le cœur orgueilleux des hommes est enclin à nier ou à combattre avec une haine blasphématoire, il fallait faire observer que pendant deux mille cinq cents ans avant la publication de la loi, le péché dominait dans le monde et qu’il était puni par la mort. Mais le péché ne peut être imputé où il n’y a pas de loi qui ait été transgressée; aucun homme parmi cette multitude immense qui était morte depuis Adam jusques à la promulgation de la loi, n’avait pu violer personnellement la prohibition à laquelle la peine de mort avait été originairement attachée. Cependant ils étaient renfermés dans la sentence prononcée contre Adam, et après bien des fatigues et des peines, ils retournaient en poudre comme ils en avaient été tirés. On aurait pu imaginer, quant aux adultes, qu’ils mouraient pour leurs violation personnelle de la loi de la tradition ou de celle de leur propre raison; mais pendant ce long intervalle, une multitude innombrable d’individus fut assujettie à la mort , quoiqu’ils n’eussent jamais violé aucune loi à la ressemblance de la transgression d’Adam, c’est-à-dire, volontairement et après délibération. Car le nombre des enfants qui étaient morts après de grandes souffrances et une pénible agonie, avant qu’ils eussent commis aucun péché actuel, ce nombre était infiniment grand; ils avaient été enveloppés dans la destruction générale du genre humain par le déluge, ainsi que dans celle de Sodorne et de Gomorrhe, et d’après le cours ordinaire des choses, la mort régna sur eux avant qu’ils fussent coupables d’aucune trangression volontaire et délibérée. Ce fait ne peut s’accorder avec les perfections divines, qu’en convenant qu’ils étaient un avec Adam, qu’ils étaient tombés avec lui sous la condamnation, à cause de la violation de la loi sous laquelle il avait agi comme le représentant de toute sa postérité.

Il est clair que les souffrances et la mort des enfants, forment dans tous les âges, une preuve irréfragable de l’imputation générale du péché d’Adam, mais c’est surtout de lui jusques à Moïse qu’elle est la plus forte, parce que la loi qui, dans certaines circonstances, imputait les crimes des pères sur les enfants, jusques à la troisième et quatrième génération (Exode 20:5), n’était pas encore proclamée. Cependant cette dernière imputation avait pour cause, le même principe d’unité entre la souche et les branches; il est vrai qu’elle n’avait lieu que dans des cas particuliers, tandis que celle du péché d’Adam atteignait toute sa postérité.

On peut espérer d’après diverses expressions de l’Écriture et d’après la surabondance de la grâce, que ceux qui meurent dans l’enfance, qui n’ont point péché à la ressemblance de la transgression d’Adam et qui n’ont point réjetté l’Évangile, peuvent être compris dans « l’élection de grâce. » Ils sont enfants de la colère par leur nature; mais comme ils sont morts en Adam, sans transgression personnelle, ainsi il parait qu’ils peuvent être vivifiés en Jésus-Christ, sans un exercice personnel de la foi en lui, dont ils n’ont point été capables. Car si, dès leur enfance, ils portent l’empreinte de la nature corrompue d’Adam , on peut espérer qu’ils peuvent être renouvellés à l’image de Celui qui les a créés, et être ainsi justifiés par l’obéissance de Christ, comme ils avaient été rendus coupables par la désobéissance d’Adam. La puissance souveraine peut aisément se rapprocher d’eux. Aussitôt que la salutation de Marie, mère de Jésus, fut entendue par Elizabeth, mère de Jean, son précurseur, « le petit enfant, tressaillit de joie en son ventre. » (Luc 1:44) Jésus a béni de petits enfants, en disant que c’était à ceux qui leur ressemblaient qu’appartenait le royaume de Dieu, d’où l’on pourrait supposer que, même dans leur premier âge, les enfants sont susceptibles de recevoir la grâce de Dieu. Les enfants peuvent être les sujets des prières que nous faisons, et en conséquence être compris dans la promesse.

Dans le quatorzième verset, dont nous nous occupons à present , la doctrine de l’introduction du péché et de la mort dans le monde par la chute d’Adam, est répétée deux fois. Car après avoir remarqué que la mort régnait même sur ceux qui n’avaient point péché à la ressemblance du péché d’Adam, l’Apôtre répète encore la même chose en ces mots qui est la figure de celui qui devait venir.

La ressemblance à cause de laquelle Adam est regardé comme le type de Christ, consiste en ce qu’Adam communiqua à ceux qu’il représentait ce qui lui appartenait, et en ce que Jésus communique aussi ce qui lui appartient, à ceux qu’il représente. Il y a cependant une grande dissemblance entre ce qu’ils communiquent l’un et l’autre. D’Adam viennent le péché et la mort, de Christ, la justice et la vie. C’est par sa désobéissance qu’Adam a communiqué le péché et la mort, c’est par son obéissance que Christ a communiqué la justice et la vie, et comme Adam était le père de la première vie, de la vie naturelle, ainsi Jésus est l’auteur de la vie spirituelle, dont ses fidèles jouissent à présent, et de la seconde ou de la vie future qu’ils obtiendront à leur résurrection, et c’est d’après ces analogies qu’il est appellé le dernier Adam. (1 Corinthiens 15:45) Si donc l’obéissance actuelle de Christ, est imputée ainsi à tous ceux dont il est le chef, et leur est comptée pour leur justification, comme si c’était leur propre obéissance, de même le péché actuel d’Adam, qui est le type de Christ, est imputé à tous ceux dont il est le chef et est comptée pour leur condamnation, comme si c’était leur propre péché. Écrivant à ceux qui dans Corinthe étaient sanctifiés en Christ, l’Apôtre leur dit, « le premier homme étant de la terre est tiré de la poussîère, mais le second homme, savoir le Seigneur, est du ciel, et comme nous avons porté l’image de celui qui est tiré de la poussière, nous porterons aussi l’image du Céleste. » (1 Corinthiens 15:47-49)

source:

Robert Haldane, « Commentaire sur l’épitre aux Romains – Volume 1 » (Livre numérique Google)

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Voir aussi:

Les 3 grandes imputations dans la Bible

Livres chrétiens gratuits – sujet : étude de l’épître de Paul aux Romains

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